L’héritage culturel de l’UNESCO et ses « autres » : analyse critique des traces de l’africanité à San Basilio de Palenque (Colombie) dans une optique relationnelle
- Title
- L’héritage culturel de l’UNESCO et ses « autres » : analyse critique des traces de l’africanité à San Basilio de Palenque (Colombie) dans une optique relationnelle
- Year
- 2022
- Abstract
- San Basilio de Palenque constitue un symbole historique et culturel fondamental en ce qui concerne la politique de l’identité et de l’héritage africain en Colombie. Fondée vers la fin du 17e siècle par les esclavisés africains suite à leur libération et reconnue en 2008 par l’UNESCO comme héritage oral et intangible de l’humanité, cette communauté des marrons a acquis une notoriété iconique comme sauvegarde de la culture « africaine » en Colombie, basée sur un discours qui la classifie comme un espace exceptionnel et particulier dans le paysage afrodescendant des Caraïbes hispanophones en général. Néanmoins, malgré son positionnement comme un lieu de continuité, de perpétuité et de ré-existence (Albán Achinte 2009) des valeurs et cultures africaines à travers le temps et l’espace, Palenque peut être perçu comme un espace mis en marge par le statut de Cartagena comme patrimoine de l’humanité de l’UNESCO avec laquelle il entretient une relation historique bien complexe. Le manque des ressources à Palenque a cependant donné lieu à une culture d’inventivité au quotidien et de l’auto-présentation tactique, qui visent à assurer la survivance des connections touristiques et la préservation de la culture africaine dans les domaines de la musique, spiritualité, historiographie, méthodes de guérison et d’autres aspects de la culture orale. Notre contribution examine les usages créatifs de l’espace et du temps à travers les concepts du musée vernaculaire (Mikula 2016) et de tactique (de Certeau 1980), analysant les différentes mesures de préservation de l’héritage culturel de Palenque dans le contexte de l’invisibilisation généralisée des peuples afrodescendants ainsi que la position de Palenque dans l’ombre de l’industrie imposante de la patrimonialisation de Cartagena qui exploite en même temps qu’elle éclipse la mémoire de l’esclavage. Dans une autre dimension, l’article analyse la relationalité particulière de Palenque avec ses diasporas, les autres communautés afrodescendants en Colombie et avec « l’Afrique » pour mettre en exergue la construction et l’entretien de son image à la fois comme un espace mythique des traces originelles d’Afrique en Amérique et une collectivité imaginée (Anderson 1983) dynamique. Dans cette optique, nous abordons aussi la question des traces de l’africanité (« huellas de africanía ») dans la poétique et la politique de l’héritage et le processus de (ré)signification qu’elle occasionne dans le contexte de Palenque. Eu égard aux transformations qu’ont subi les cultures africaines dans la diaspora, la contribution évalue dans quelle mesure les discours qui sous-tendent les traces culturelles sont déterminées respectivement et de manière interchangeable par les données historiques, l’ingéniosité dictée par des intérêts touristiques, les attentes situationnelles ainsi que la politique des gestes symboliques pratiquées à la fois par le gouvernement central et les différents groupes d’activistes.
- Language
- French
- Source ID (eref-/epub-)
- eref-75324
- Repository URL
- https://eref.uni-bayreuth.de/id/eprint/75324/
- Conference / Proceedings
- Workshop "L'Atlantique noir revisité: Espaces occultés et (in)visibles de la mémoire performative"
- Publication type
- Conference paper
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