A Conversation with ... Kangni Alem
- Title
- A Conversation with ... Kangni Alem
- Abstract
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The interview “A Conversation with … Kangni Alem” features a discussion between Thierry Boudjekeu and Laude Ngadi with the Togolese writerKangni Alem, who visited the University of Bayreuth in May 2025 for the workshop “From Oblivion to Memory: Transatlantic Memorial Echoes.”
During the conversation, Kangni Alem reflects on the role of literature in preserving memory and confronting historical silences. He discusses how transatlantic histories - especially those connected to colonialism, migration, and cultural exchanges between Africa and the diaspora - shape contemporary identities and narratives. Alem emphasizes the importance of storytelling as a tool to recover forgotten voices and to bridge past and present.
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L’entretien « A Conversation with … Kangni Alem » présente un échange entre Thierry Boudjekeu et Laude Ngadi avec l’écrivain togolais Kangni Alem invité à l’Université de Bayreuth en mai 2025 pour participer à l’atelier « From Oblivion to Memory: Transatlantic Memorial Echoes ».
Au cours de la discussion, Kangni Alem réfléchit au rôle de la littérature dans la préservation de la mémoire et dans la mise en lumière d’histoires souvent réduites au silence. Il aborde la manière dont les histoires transatlantiques—liées notamment au colonialisme, aux migrations et aux échanges culturels entre l’Afrique et sa diaspora—façonnent les identités et les récits contemporains.
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Find out more about the project "Black Atlantic Revisted" at the Africa Multiple Cluster of Excellence hier: https://www.africamultiple.uni-bayreuth.de/en/1_2-Research/Research-Projects/Arts-and-Aesthetics/Black-Atlantic-revisited/May-Exhibition/index.html - YouTube playlist
- A Conversation with ...
- Date
- March 5, 2026
- Language
- French
- Transcript
- Bonjour ou bonsoir à ceux qui regardent cette entretien avec un artiste, un écrivain Kan. Bonjour Kan. Bonjour Thierry. Donc moi c'est Thierry Bouque de l'université de Byroy et je mène cet entretien avec le docteur L Ngadi. Bonjour c'est un plaisir. Oui, c'est un plaisir de faire cet entretien parce que dans le cadre d'un autre workshop qu'on avait mené à Pot en 2022, Kan était déjà venu une fois et il est revenu pour la deuxième fois pour clôturer le projet l'Atlantique noire revisité. Donc c'était un plaisir encore de t'avoir et pour euh comme je l'ai dit euh l'au des mois, on voulait encore échanger euh après la première le premier entretien qu'on a eu ensemble sur euh d'autres questions toutes aussi intéressantes. Donc je passe la parole à l'autre. Merci et comme je disais merci encore Kad d'être passé par ici. Ma première question c'est une question de curiosité. Une question de curiosité. Et lorsqu'on regarde l'édition de tes ouvrages, il y a en général une édition française par exemple esclave d'abord publié à la thèse, publié à Lomé, aux graines de pensées. Puis euh une autre euh œuvre notamment les enfants du Brésil est publiée en coédition à Lomé et à Côte d'Ivoire. Voilà pourquoi ce choix d'être dans une double géographie. Hm. En fait euh je dois dire merci à mon agent euh je j'ai un agent à Paris, l'agence Pierre Astier et leur péchés qui ont toujours attiré mon attention sur le fait que la configuration actuelle de la production littéraire dans le monde fait que il faut compartimenter les autres. Euh de moins en moins, on laisse la possibilité à un seul éditeur de tout couvrir. Tu ne peux pas éditer des livres pour l'Europe et les vendre en Afrique parce que ça va coûter tellement cher qu'au bout d'un moment, tu vas perdre plus d'argent. Esclave publié chez la TES coûte quoi ? Je sais pas moi 20 20 27 € mais euh 27 € euh avec les taxes quand le bouquin arrive au Togo, personne n'a envie de l'acheter. C'est euh les prix deviennent exponentiels. à ce moment-là, il est conseillé euh de signer des contrats où l'on réserve les droits pour l'Europe à l'éditeur européen qui cède à partir les droits Afrique pour l'éditeur africain qui serait intéressé. Donc dans mes contrats, il est toujours précisé que les textes, les éditions sont réservées pour l'Afrique de l'Ouest et pour l'Afrique centrale. Donc je peux faire reprendre le bouquin en Afrique centrale à Kinshasa si je veux ou je peux le faire reprendre à l'OM. Euh mais la la convention c'est que chaque éditeur doit respecter son territoire de vente. Voilà. Et est-ce que économiquement ça marche comme parler par exemple jeement Oui oui économiquement ça marche parce que pourquoi mon agent finalement a accepté de faire rééditer le livre à l'OM euh le livre a été mis au programme de l'enseignement secondaire mais excusez-moi aucun élève du secondaire àomé euh ne peut pas sortir 30000 francs pour aller acheter un roman 30000 francs CFA mon dieu, c'est trop c'est vraiment trop. Et donc en rééditant à l'OM, le livre est vendu à 7000 francs pas. Donc oui, ça marche. Et donc ceux qui veulent étudier le bouquin mettent à la disposition de leurs élèves un livre euh qui n'est pas trop cher. Hm. Une autre question parallèle, c'est celle qui concerne la traduction de beaux ouvrages. Le Bénin est quand même rebuté pour produire les littératures en langue nationale, mais aussi les étrangens bénéinois sont quand même traduits. Je constate que chez vous seul esclave est traduit en portugais au Brésil et Cola Cola traduit en allemand. Première question ou premier volet de la question, comment c'est effectué au contact avec les éditeurs euh les traducteurs, mais aussi euh pourquoi seulement ces deux zones-là, l'Allemagne et autres, quels échos vous en avez aujourd'h c'est toujours le marché de la traduction qui est gérée par les agences. Euh à la traduction de l'esclave s'est faite avec une maison d'édition portugaise euh parce que l'agent connaissait la maison d'édition et moi je connaissais un homme qui était intéressé par la traduction de ce roman. Donc ils ont négocié et puis ils ont trouvé leur leur compromis. Mais c'est l'argent qui cherche les le traducteur. Il y a eu plusieurs tentatives de faire traduire euh esclave dans d'autres langues que le portugais. On a essayé l'allemand, on a essayé l'anglais mais bon, ce sont des histoires qui n'ont jamais abouti réellement à tel point que récemment en discutant avec mon agent, je lui ai suggéré clairement d'envisager de chercher du côté du Nigéria euh qui a actuellement une très grosse production littéraire en anglais euh pour voir si on ne peut pas trouver euh la possibilité de faire tradu le bouquin et et et le mettre sur le marché ouest africain euh depuis le Nigéria. Bon, c'est son job. Moi, je suis payé pour écrire, payé entre guillemets et lui il est payé au pourcentage pour trouver des traducteurs. Et quand on parle peut-être des droits, pour revenir un peu sur la question des des droits euh à l'édition, hm euh est-ce que l'Afrique de l'Ouest étant euh départagée entre plusieurs espaces linguistiques, est-ce que est-ce que ça compte aussi le fait que euh si on donne les droits à cet espace hm h euh au Bénin ou au Togo, est-ce que c'est les mêmes droits euh de l'éditeur béninois euh qu'il l'aura aussi au Nigéria par exemple ? Parce que si je parle de la question de langue sur la Oui. Oui, c'est ça. C'est ça aussi. C'est-à-dire que est-ce qu'on on a il a les droits pour la version française h pour éditer ou et publié au Bénin, au Togo, ou alors il a à la fois euh les droits pour pour tout l'espace CDAO, pour ce qui reste de la CD. Oui. Euh l'espace CDAO forme une unité. Euh l'espace CBAC forme une autre unité. Oui. OK. Les les l'éditeur togolais ou péninois qui reprend un demeur au moins doit rester confiné dans l'espace. Cda il peut pas sortir de l'espace. Pour sortir de l'espace, il est obligé de faire une coédition avec un autre. Et alors, c'est ce qui s'est passé avec les enfants du Brésil euh euh coédité par une maison d'édition ivoirienne et une maison d'édition togolaise. Il se trouve que les deux voulaient publier le roman, mais chacun ne peut pas euh éditer séparément ce roman. Donc du coup, ils ont été obligés euh de faire une coédition où il se partagent le stock. En réalité, il y a un stock pour Abidjan qui le vend sur son marché et il y a un stock pour les éditions plein de penser àé. Mais la coédition, c'est aussi une manière de rentabiliser un peu les cours de la production et c'est très intéressant. Peut-être une autre question qui est toujours sur la question de l'édition dans différentes dans différents espaces. C'est peut-être une longue question, je ne sais pas, mais après je je te repasse la parole. C'est c'est la question de euh je me suis je me suis posé quand tu parlais de la question purement économique de cette de cet aspect là euh de de cette de cette stratégie, si je peux appeler ça comme ça. Moi, je pensais plutôt à une sortie d'engagement aussi dans le sens où euh traduire à Paris euh ou alors en Europe pour la plupart euh des des des des classiques du roman africain, des classiques de la littérature africaine qui ont qui ont effectivement publié à Paris. Est-ce qu'il y a pas aussi une sorte de je vais pas dire de ral avec tout les les frictions souvent qu'on a avec les éditeurs français ? Est-ce qu'il n'y a pas aussi ce besoin de de se délocaliser ou de se relocaliser en Afrique ? Non, non, pas la la traduction est un champ complètement technique. Euh j'ai j'ai eu par exemple beaucoup de mes nouvelles euh traduites en anglais. J'ai j'ai beaucoup de nouvelles traduites en anglais dans dans des revues euh américaines, irlandaises et et souvent je ne vais pas chercher les traducteurs hein, c'est que ils sont intéressés par les textes, ils m'écrivent en disant "J'ai lu tel texte, j'aimerais traduire pour une revue." Et moi je dis "Contcter mon agent." En fait, le traducteur a besoin de se faire une réputation aussi. Donc il choisit les textes qui le défient et les textes qui lui permettent de montrer toute sa capacité. Et sur le marché en faisant ainsi, il devient une référence incontournable. Donc lui ne se pose pas la question de savoir s'il y a des conflits entre les éditeurs européens et les lecteurs africains. Non, lui il veut traduire euh euh pour se faire euh un nom comme celui qui a a réussi à traduire Kuruma en anglais, celui qui a réussi à à traduire Kanialem en anglais et ça lui suffit largement. Et c'est pour ça que souvent donc lorsqu'on tombe sur de mauvais traducteurs, ben les livres ne marchent pas. Il faut faut faire très attention à la qualité de celui qui découvre votre texte et qui a envie de se frotter à votre imaginaire. Peut-être on peut avancer passer aux œuvres. Je j'étais frappé ou bien je suis frappée par je pourrais dire l'omniprésence de sujets historiques identitaire et politique dans votre production mais c'est particulièrement vous glissez particulièrement vers la fiction et pas l'essai là où certains sujets appellent l'essai vous choisissez la fiction pourquoi ce choix par c'est vrai que j'avais j'avais essayé sur certains sujets quelques textes d'œuvre académique mais je n'étais pas satisfait parce qu'on n'a pas la même liberté avec l'approche et sec avec l'approche fiction. Je me souviens par exemple de euh d'un d'un texte que j'avais initié sur euh euh les vestiges de la de la colonisation allemande au Togo. Euh j'avais traversé tout le Togo en voiture avec un ami anthropologue allemand. J'avais pris des notes et quand j'étais revenu à Léin, j'ai publié un texte que j'ai présenté en conférence au Institut de Lé et à la fin de la de la conférence, un collègue m'a dit "Mais là, tu as été tellement sérieux qu'on a eu l'impression d'avoir affaire à une historien. Où est passé la liberté de l'écrivain à ce moment-là ? parce qu'il y a des questions d'autres fantasmatiques que l'essai historique anthropologique ne peut pas aborder avec la liberté que les crimin, tu vois. Et donc du coup, j'étais sorti de là. J'ai ce même problème depuis que j'ai décidé euh que mon écriture, mes mes sujets euh vont être d'ordre historique. C'est un choix, hein. Euh cette cette obsessionlà, c'est parce que j'ai choisi d'aborder la plupart du temps dans mes textes des questions liées à à l'histoire de ce petit golfe du Bénin mais qui est riche sur le plan de l'imaginaire de la culture. Depuis que j'ai fait ce choix, systématiquement euh je documente d'abord le travail et puis à un moment donné, bah je suis obligé de transgresser. Je l'ai fait avec esclave. Ça a posé des des ça crée un peu de polémique. Je défends la liberté de l' humain euh à ne pas respecter par exemple les dates de l'historie parce que les les les dates empêchent la continuité de la fiction. Donc on peut transformer de vraies dates d'es imaginaire en prenant soin de préciser euh aux lecteurs qu'il y a eu un travail littéraire sur euh sur sur l'historiographie et donc plus tu prends la liberté, plus tu rejoins un peu au fond ce qui se raconte dans euh dans dans nos dans nos pays sur les histoires qu'on ne maîtrise pas bien, les histoires sur lesquelles on n'a pas suffisamment suffisamment travaillé, les histoires insuffisamment documenté. Tu tu rejoins dire le radio trottoir, tu rejoins Radio Trottoir hein qui qui pense que ça s'est passé de cette manière alors que ça ne s'est jamais passé de cette manière là. Mais ça ça apporte une problématique intéressante à un fait historique et on pourra toujours comparer avec de vrais travaux notre historien sur le sujet et rétablir très vite. Mais mais j'insiste hein, j'insiste. J'avais même produit une conférence inaomburale un jour à l'université de la Bom Calaville au Pénis pour réclamer presque un dégré de d'accorder la liberté à l'écrivain de ne pas faire le même travail que l'historien. C'est très important qu'on reconnaisse euh la séparation qu'il y a euh entre les deux. Euh ce sont pas les mêmes instances de production de sens. On travaille sur la même réalité, mais nous nous avons encore la liberté de revenir quand nous le voulons, à la fiction, comment on dit, c'est-à-dire ce qui relève de l'impensé et de l'imaginaire. Bah, c'est une excellente c'est un une excellente question qui nous a mené à te poser la question vraiment de sur la question de l'histoire et de la fiction et de la littérature en tant que telle. Hm hm. Euh, tu as commencé déjà à éboucher un peu une réponse, mais peut-être il faut bien planter le décor et bien expliquer c'est quoi la littérature lorsqu'on écrit un texte comme esclave sur un sujet de de haute sensibilité que qu'est la mémoire de l'esclavage, qu'est-ce que fait la littérature que l'histoire par exemple ne fait pas ? Qu'est-ce qui fait la particularité de la littérature ? Effectivement, surtout que actuellement, il y a par exemple un débat qui revient. Euh Shamoaza a publié récemment que euh que peut la littérature, il y a cette question du pouvoir de la littérature qui revient mais aussi savoir que transmet la littérature. Donc ce serait bien que tu nous donnes ton point de vue aussi pour quelqu'un qui travaille les objets historiques avec tous les débats que nous avons en Afrique autour du panafricanisme, le colonialisme, la réparation. Oui. Alors, merci à Chamoiseau de poser euh la question une diè fois du du pouvoir de la littérature dans nos contextees euh moi j'aurais dit dans nos contextees domin euh mais moi je dirais dans nos contextees en transition. Hm. la la littérature qui est souvent considéré simplement comme euh un artit. Ça c'est c'est lorsqu'on lui accorde une très grande considération euh se retrouve la plupart du temps confiné entre plusieurs disciplines. Euh si vous observez bien le le bad de la plupart des des grands auteurs qui ont forgé la littérature africaine qui viennent de plusieurs disciplines. Euh mais ce qui est intéressant, c'est que si les scientifiques par exemple, il va adopter une méthodologie de rigueur dans la documentation, mais il prendra toujours euh la liberté euh euh à un moment donné, moi j'ai vu ça avec Emmanuel Doncala, euh chimiste de formation scientifique rigoureux euh qui lorsqu'il aborde euh dans la de water la la question de la de la négritude euh du d'un compositeur qu'on aurait black boulet à quelque sorte pour Med Mozart à en avant retravaille en réalité tout le ressenti d'une histoire qui a toujours mis le noir de côté et ça si le le un l'historien le fait on dirait qu'il fait de l'idéologie mais l'écrivain peut se le permettre parce que justement lui qui aime l'art du récit, qu'est-ce qu'on attend de lui ? On attend qu'il amplifie le récit, on entend qu'il amène le récit dans des recoins où l'épistémologie devient de la sensibilité. Voilà, je crois que c'est ça que moi j'ai toujours défendu dans mon approche euh du récit historique, de la fiction historique. Et à ce jeu-là, je crois que l'écrivain apporte simplement une sorte de méthode de vulgarisation, mais aussi une sorte de simplification du débat. Il simplifie vraiment le débat. La la plupart du temps euh quand tu fais de la documentation pour écrire un roman, tu tombes seulement sur des textes tellement ardus que tu te dis un lecteur lambda ne consacrera même pas 5 minutes à le faire. Mais lorsque j'ai fini de documenter euh le roi Attendan et que il a fallu le transformer en personnage de fiction dans esclave, beaucoup de mes premiers amis à qui j'ai fait lire le conquin euh m'ont dit "Mais on ne le connaissait que de nom mais là tu le fais revivre jusque dans sa chambre à coucher." Hm hm. J'ai dit oui parce que je n'ai pas trouvé de mentions sur la chambre accouchée du roi dans les travaux de mes amis historiens béninois et togolais. Donc moi je ne comprends pas. Soit il est un roi ou il n'est pas un roi. Un roi a des privilèges et les privilèges de chambre aussi dans l'intimité que ça apparaît. Mais l'historien va te dire ouais mais moi je peux pas faire ça. Oui mais moi je suis un homme du récit. La narration c'est mon c'est mon c'est mon truc. C'est c'est mon job. Et là où l'historien va s'arrêter devant la porte, et ben moi je vais seulement entrer dans la chambre et me mettre sous le lit du roi. L'imagination revient et c'est ça en réalité que nous faisons tous de toutes les histoires que nous avons accumulé que ce soit à l'école à travers les traditions orales. Nous nous nous remodelons. J'ai parlé tout à l'heure de transition lorsque on a fini la question de la tradition. Ce qui fait que la tradition perdure, c'est qu'on transite toujours les restes de la tradition vers des interprétations contextuelles. Et c'est ça qui est en fait aussi euh la particularité de l'écrivain. Alors que peu la littérature en elle peut encore permettre d'amplifier les récits que nous avons hérité. euh de l'histoire et des traditions. Et en parlant d'amplification, je j'ai ouvert le le livre esclave à la page sur le chapitre les sandales de Wbaja et euh la destitution du roi. Exactement. Et ça ça me fait ça me fait peut-être permettre d'ajouter un autre aspect à à cette question d'amplification pour dire que le travail du littéraire en fonction de ce que j'ai déjà lu de toi euh n'est pas enfin on a parlé aussi de la question de la liberté. H c'est vrai qu'il se donne certaines libertés. tu as parlé des dates euh comment il je veux dire il crée une certaine un certain anachronisme sur un certain nombre de choses. Mais il me semble que euh le travail de l'écrivain qui traite une question comme la mémoire de l'esclavage est un aussi un travail de scientifique parce que la recherche documentaire qu'il y a dans ce texte est euh extraordinaire et j'ai comme l'impression que tu traduis ici euh des documents en fait. Oui. Euh la destitution du roi dans 2 ans. Hm hm. euh a servi à un juriste pays du noir qui s'appelle euh Maurice Glé. GL il lui a servi euh de matériaux pour réfléchir sur euh la première constitution de la République du Tauré. Alors la question à laquelle l'élève voulait répondre, c'est à partir du moment où nous avons un exemple destitution selon les codes traditionnels d'Auréens, est-ce que nous ne pourrions pas remettre les mêmes méthodes dans nos constitutions modernes ? Bon, sauf que tu tu ne tu devrais faire de du monarchie pour pouvoir reproduire la même forme de destitution. Mais la Constitution doit prévuire aussi la prévoir la destitution de du du monar ou du chef de l'État. Et et donc en faisant cet exercice, il est retourné euh enquêter bon juriste anthropologue euh auprès des des sources de la tradition d'Abomé. et on lui a raconté, il a croisé les récits et il a choisi à un moment donné de raconter une un récit synthétique et c'est ça qui est intéressant dans dans dans son matériau. Et quand moi je l'ai lu qu'il ait précisé que ce qu'il va raconter est issue de la synthèse de plusieurs récits. Donc même le juriste est confronté à la multiplicité des récits, mais il doit faire œuvre de droit. Il doit faire œuvre de droit. il doit choisir la version la plus formelle et la plus cadrée possible pour pouvoir lui permettre de faire des proposition pour euh ces contemporains. Arrivé là, j'ai dit oui, je vais partir sa synthèse mais il y avait des éléments euh d'à côté qui me paraissaient plus intéressant pour pour pour le roman, tu vois. Euh donc, j'ai rajouté des choses euh que j'ai entendu euh moi aussi parce que moi aussi je suis retourné sur le terrain à Baumé pour écouter les traditionnistes, euh me raconter leur destin du roi dans Au final euh ce qui est intéressant dans cette institution, c'est l'élément symbolique des sandales, les fameux sandales dans 2 ans. euh qui reste encore dans la tradition d'Abomé aujourd'hui. Euh même le roi d'Abomé actuel aurait hérité aussi de ces sandales là de la même manière qu'on hériterait je sais pas des armoiries de la République ou de l'armée. Tu tu hérites des des des sandales. Mais j'ai pris des libertés par exemple moi dans la description de la sandale parce que le juriste n'a pas besoin de décrire tout à fait la sandale. La sandale que je décris en réalité ressemble un peu aux sandales qu'on trouve dans les traditions monarchiques. Je les a chanti du côté du Gana. Du can Ouais parce que c'est chic aussi quoi. C'est beau en quelque sorte. Voilà. Tout à l'heure, je parlais de rencontre que don Terci rencontre justement la rumeur. Il y a aussi cet aspect documentaire et autres. Moi je suis frappé mais documentaire et historique. Je suis frappé. Il y a un personnage qui revient quand même chez toi, c'est Olympi Pio le président Olympio. Il est déjà dans euh l'excupite donc la fin du roman d'esclave. Il revient dans la fin de la trilogie donc Olympio avec le le titre même éponyme mais euh quand on lit en œuvre, on rencontre déjà ce personnage dans des nouvelles, notamment le silence du commandant métrier. Euh pourquoi mettre en avant ce personnage ? parce que je je qui ressort quand même qu'il y a une forme de mitification de réification justement don pourquoi cette focalisation sur c'est c'est une obsession personnelle Olympio, le personnage réel m'obsève au franchement depuis plus de 30 ans. Je crois que j'ai toujours voulu écrire un roman sur Olympia et je raconte souvent que c'est en voulant écrire un roman sur Olympia que j'ai écrit esclave. Voilà. Comment on passe d'Olympio à esclave ? Voyez le truc. Après, les enfants du Brésil, c'est un peu une autre tentative de toujours parler de de lui. Et puis finalement, il m'a fallu euh ces sep dernières années pour finalement trouver la voix pour raconter ce personnage qui m'a toujours obsédé. C'est un personnage très difficile euh parce que c'est un personnage un peu effacé aujourd'hui de l'histoire du col du Bénin de l'histoire politique du Togo en particulier, mais c'est un personnage qui euh qui est qui qui oblige tout le monde à prendre position. Donc il est c'est pas lui qui est clivant mais c'est sa la gestion de de sa figure qui crée des clivages entre entre les politiciens du Taureau. Donc du coup quand tu l'abordes et tu dois savoir où tu te situes réellement. Tu dois amener ton récit dans une dimension tellement symbolique que même ceux qui voudraient pas faire de la polémique finissent par en avoir marre en se disant "Ouais mais son truc c'est de la littérature. C'est c'est pas exactement ça qui s'est passé. C'est c'est la seule méthode pour pouvoir sortir Oui. de la polémique. Mais la polémique, elle existera parce que personnage est trop fort. Il est à l'image de d'un Longumba qui aurait été assassiné trop tôt. il est à l'image d'un sankara et et donc ce type de figure récupéré par le discours panafricaniste, il faut savoir les les manipuler. J'ai eu une difficulté majeure en écrivant Olympio. J'avais parlé dans un de dans un de mes textes les silences du commandant Métrier de l'Olympia mais j'avais raconté sa mort. Euh, tu veux dire, c'est comme c'est comme si tu es sur le trottoir et euh un mec te raconte euh euh un assassinat auquel il n'a pas assisté, mais il te donne des détails sur l'assassinat. Au bout d'un moment, tu finis par lui demander mais tu y étais là. dit mais non c'est pas que je je n'y étais pas mais je connaiselle qui connaît elle qui passait par là ce jour-là et donc c'est vrai puisque ce sont des gens proches de la famille du président c'est oui mais d'accord mais toi tu n'y étais pas oui mais tu comprends pas ce que je te dis ils sont proches de la famille donc ils peuvent pas mentir et c'est là où commence la chose. J'ai repris les silences du commandant Mrier dans Olivio mais j'ai dû sortir le texte du roman final pour une raison très simple. Quand tu racontes l'histoire du point de vue de la rumeur, tu amplifies beaucoup de choses qui sont fausses et ça ne correspond pas à la méthode historique. Donc quand j'ai fait lire à deux ou trois amis, ils m'ont fait observer que sur ce plan, la littérature prend des libertés parfois trop complexes. et le lecteur lambda qui est déjà plongé dans un imaginaire positif ne comprendrait pas que tu glisses des éléments négatif dans ce que raconte le trottoir parce que le trottoir lui il est toujours positif à donc tu es en train de déconstruire un peu le personnag et donc au bout d'un moment je me suis dit oui mais ça ce chapitre là c'est un chapitre polémique par définition et j'ai dû l'enlever mais je crois que on pourra étudier olympique en le comparant à cette coute euh de son assassinat raconté par la rumeur publique. Non, on ne peut pas non plus dans les contextes qui sont les nôtres travailler de façon trop légère sur des personnages aussi forts, mais j'espère à être parvenu à à produire suffisamment euh un récit symbolique qui permettent de continuer à utiliser le personnage pour espérer euh des améliorations politiques dans nos contextees. an euh peut-être pour sortir de cet entretien très enrichissant euh l'a déjà annoncé le livre Olympio, la le 3e de la trilogie euh qui va sortir bientôt euh et quand on va se faire le plaisir de d'analyser, de lire. Merci. euh après avoir travaillé déjà depuis une quinzaine d'années sur euh bien sûr sur le golf du Bénin mais sur la question des afro-brésiliens sur la question de rapport entre le Brésil et le golf de Bénin. Bénin euh qu'est-ce enfin après quel quel rétrospect de manière rétrospective quel regard tu jettes dessus ? Est-ce que tu en as fini avec ? Est-ce qu'il y a encore des choses à dire ? Et euh peut-être le mot de la fin pour toi sur tes prochains tes projets futurs. Même si Olympio est là, Olympio est là. Olympio est là. Ajouter que C est collectionneur. Moi il y a une question en tout cas il fait pas comment tu choisis justement tes objets de collection. Ah ouais ou ouais ouais ouais. Bon, souvent euh les collectionneurs ont des idées fixes, hein. On sait déjà ce qu'on veut collectionneur quand quand on arrive euh chez l'artiste, le possesseur d'un objet. Donc ça va très vite dans dans ma tête, je collectionne toujours des des objets qui qui ont train un peu à mes propres préoccupations. par exemple là, j'ai je suis en train d'acheter une vieille dague qui date de l'époque de la colonisation allemande au Togu euh parce que la colonisation allemande m'a toujours obsédé et mais j'étais toujours incapable d'écrire un roman sur la colorisation allemande. Donc je me suis dit je vais acheter la tag et puis je vais peut-être la poser dans mon salon et elle va finir par respirer un matin. Voilà. Donc, ce sont des trucs personnels. On nachète pas tout, on ne collectionne pas tout. On collectionne ce qui a du sens pour sa propre production intellectuelle. Voilà. Alors, pour revenir à la question, est-ce que j'ai fini avec le Brésil ? Bon, à titre personnel, en bouclant Olympio, je t'ai dit que c'est bon. Je vais je vais me retirer. Sauf que j'étais encore au Brésil en août 2024 et j'ai j'ai encore vécu des choses intéressante qui qui m'ont poussé à me dire peut-être que tu devrais y retourner une dernière fois faire un tour parce que ce que j'ai vu concerne des choses qui nous préoccupent également l'obsession des des afrobrésiliens du Brésil à à purifier euh euh les traditions religieuse du campé à les purgé un peu du catholicisme tel que ça s'est pratiqué depuis euh la fin du 19e siècle où l'église a toléré aux esclavisés une certaine pratique qui a fini par créer la fusion où l'on peut assimiler le dieu Chambo à Saint-Jean l'apôtre. Il y a une nouvelle génération qui n'accepte plus cela et qui pousse euh les prêtres du candomblé à retourner euh vers les anciennes traditions rituelles du vaudou africain pour essayer de renouveler euh le candomblé. Il y a des sissons h euh dans le candomblé de Bayer actuellement euh tu trouveras des terré euh des temples très traditionnalistes et des temples qui pratiquent encore la fusion entre les deux religions. J'ai trouvé ça intéressant parce que euh en en tant que que initié moi-même du vaudou traditionnel du du golfe du pénis, euh il m'arrive de me de me poser des questions sur les similitudes que l'on trouve parfois euh dans les rituels entre euh le vaudou et l'hindouisme Euh parce que la la présence des des Indiens qui sont aussi animistes avec une multiplicité de de divinité au Togo étant attesté, il y a même des temples dans lesquels tu trouves des des statutes de de divinité indienne. Et et alors je me dis, ce serait intéressant euh de voir ce que le la pensée brésilienne considère. comme un rituel figé ne l'a jamais été. Le la transition a toujours transité vers quelque chose et et et dans et dans le dans le retour du golf du Bénin. Ouais, c'est évident quoi. Mais bon, j'ai pas dit ça à mes amis brésiliens, hein. Faut pas que je détruise le mythe de de la de de la pureté rituelle africaine. Ils ont le temps de découvrir ça à eux-mêmes. Voilà. Alors, je me suis dit ça peut encore intéresser. Mais pour conclure, pour dire la vérité, j'ai parlé de de du tag de la période de la colonisation allemande. Je crois que ce qui m'obsède actuellement euh puisque ma thématique principale, c'est l'histoire, c'est comment produire comment produire une réflexion romanesque sur cette présence d'à peine une trentaine d'années de l'Allemagne Togo qui reste encore euh dans la mémoire collective, voà qui imprène parfois euh le discours politique euh l'Allemagne qui rêvait d'un empire africain, qui rêvait de de de joindre le Togo et le Cameroun en utilisant le le fleu militaire. Hm. Aujourd'hui, tu te retrouves dans des ensembles comme la qui essaie de créer alors tu te des territoires euh plus grand et tu te dis est-ce que tout ça c'est pas encore comme dirait Mibé l'Occident qui nous attend au coin de la rue et qui nous aurait laissé dans la tête une pensée d'un territoire qui nous appartiendrait en commun mais qui ne nous appartiendrait pas tout seul. Je sais pas, j'ai toujours rêvé d'écrire en romance sur la colonisation allemande, mais elle a tellement été courte et que je ne sais pas. Voilà, si je devais faire des exercices pour les cinq prochaines années, je vais peut-être tenter enfin ce roman aussi qui m'a toujours intéressé, mais je sais pas ce que ça vaudra. Mais le Brésil est là qui m'appelle encore. Euh voilà, le Brésil c'est une partie de nous-mêmes pour ceux qui ont été à Bayern à Rcif. Euh c'est quand même un pays dans lequel on arrive. On est fier du regard que l'on porte sur l'africain que nous sommes. Pour une fois qu'on est un modèle quelque part. Oui, il faut en profiter. Je crois qu'il faut continuer à creuser le fil brésilien. Bah voilà, c'est sur ces mots qu'on va clore notre entretien. Merci à toi d'être venu encore à Byrout. Et d'ailleurs, je fais aussi je passe ici l'annonce directement de notre exposition qui est un peu une recollection des échanges qu'on a eu depuis le début du projet Atlantique noir revisité. Hm hm. Euh qui aura lieu euh voilà à cette période-ci même, on est euh en mai 2025 et euh vous pourrez aussi le voir en en ligne parce qu'il sera toujours disponible en ligne pour tous ceux qui veulent le visiter de manière virtuelle. Voilà, merci encore. Merci à Merci beaucoup à cet entretien. À nos prochaines rencontres. Merci beaucoup.
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