In Conversation with Ananda Devi - Part 1
- Title
- In Conversation with Ananda Devi - Part 1
- Abstract
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In July 2022 the Cluster’s department of Internationalisation and Public Engagement organised a book reading with renowned author Ananda Devi. In this interview she talks with Adebanjo Baderin.
Born in 1957 in Mauritius, Ananda Devi began to be noticed at the age of 15 when she won a prize in an international short story. She published her first collection of short stories at the age of 19. Over the next nearly five decades, she has become one of the major literary voices of the Indian Ocean.
Published by the French publishers Gallimard and Grasset, she has won numerous literary prizes. Her writing is characterised by an inner violence and a harsh outlook on modern society, especially regard-ing the status of women. Her characters are trapped by the contrary forces of society, religion, human cruelty, and the seismic faults of history. Their only recourse, in their solitary quest, is their lucidity and humanity. Despite the harshness of her themes, Ananda Devi brings to her writing a poetry and sensuality that shines a light in the midst of the darkness she explores.
She has been translated in several languages and has received decorations from Mauritius, and from France, with the title of Officier des Arts et des Let-tres. In 2014 she received a major award from the Académie Française. The University of Silesia, Po-land, conferred upon her a Honoris Causa doctor-ate. - YouTube playlist
- A Conversation with ...
- Date
- April 27, 2023
- Language
- French
- Transcript
- oui bonjour madame bonjour et bienvenue encore une fois à l'université ouais bon aujourd'hui nous allons parler un petit peu de le roman F2 c'est une longue histoire je vais dire parce que je crois que Eve est un peu en droit de ligne du personnage de Paul dans rue La Poudrière qui est mon premier roman publié en 89 et qui est presque qui raconte une histoire très semblable mais mais où est va pousser plus loin son la définition de sa féminité de son corps et de son identité en tant que qu'être humain que personne cela dit le l'inspiration directe mais venue plutôt sous une forme poétique souvent avant de m'endormir la nuit un peu dans un état de semis conscience il y a des phrases poétiques qui me viennent ou des briques de poèmes donc j'essaie de me souvenir pour me pour les écrire le lendemain et un soir j'ai lu cette bride de phrases F de ses décombres et je me suis mise à penser ce que cela voulait dire et le lendemain je partais pour un voyage en Italie et j'ai repensé je me suis dit je vais écrire un poème mais petit à petit j'ai eu une image d'une jeune fille qui marchait avec un cartable sur l'épaule dans une ville en ruine et je me suis dit mais qui est cet Ève quels sont ces décombres que se passe-t-il et tout d'un coup il m'est venu l'idée que c'était un roman c'était pas un poème mais pendant tout ce voyage je l'ai écrit assez rapidement mais c'est ça c'était l'inspiration directe et l'autre c'était un peu une continuité de rue La Poudrière ok merci beaucoup madame et dans le roman il paraît que vous avez fixé la tension sur les personnages féminins par exemple il y a la mère d'Eve qui est sur juge gain et qui n'a pas la force de protester contre son mari il y a Eve elle-même qui change des relations sexuelles pour l'argent et quelquefois pour les notes chez son prof et il y a sa Vita aussi qui est toujours à côté de son ami jusqu'à sa mort s'il vous plaît pourquoi ah bon ce roman avec une telle approche tout à fait d'accord que ce soit roman plus focalisé sur les les femmes parce que en fait il y a les quatre personnages principaux il y a deux filles des serviteurs et deux garçons ça des Clio parce que effectivement comme je le disais tout à l'heure Eve a été le point de départ de cette histoire et que j'essayais d'explorer la vie d'une adolescente dans une cité où elle est exposée à ses regards et assez comportements masculins aussi qui sont qui sont très très dures très difficiles mais dès le début de l'écriture du roman je me suis dit il fallait qu'il y ait son environnement que ce soit pas juste un roman autour d'un personnage mais un roman autour d'un lieu aussi comme cela arrive souvent dans le mémoire et l'émergence de ce lieu Truma rond qui est aussi comme un personnage du roman faisait que je devais me plaît ce lieu les peuplé et entouré Eve de personnes qui allaient quelle allait interagir mais qui est aussi représentée différents aspects de ce de ce lieu et c'est ainsi que mes menus me sont venus les personnages de Sade de Cléo et s'habitat un petit peu après je ne entrevoyais pas trop au début donc pour moi vu les quatre personnages principaux c'est quand même un roman on parle aussi beaucoup des garçons et de leurs propres difficultés à un naviguer ces eaux troubles de de ce lieu maintenant c'est vrai que dans ce genre de de situations sociales les victimes en général sont les femmes parce qu'ils sont tous marginalisés d'une façon pas seulement les femmes et les hommes aussi de ce lieu mais disons celles qui sont le plus écrasés le plus travailler sont les femmes et la mère d'Eve elle représente aussi une sorte d'ambiguïté de la féminité parce que elle n'est pas elle n'est pas présentée comme une victime mais presque comme une complice de du père puis par son silence et son immobilisme je dirais elle ne défend pas sa fille et donc ce dossier pour éviter une sorte de manichéisme homme femme pour montrer aussi que les femmes aussi peuvent être complices de cette situation donc mais effectivement il y a évidemment un point de vue féminin qui est qui est transparaît parce que Ève et le cœur du roman mais elle était aussi un personnage très ambigu donc on essaie de j'essaie aussi de de ne pas créer une sorte de schisme masculin féminin dans ce roman maintenant est-ce qu'on peut parler un petit peu des personnages masculins dans le roman parce que bon de personnages masculins assez négatif donc est-ce que vous pouvez parler un petit peu ouais du prof de biologie de PDF du même du policier même qui a donné son pistolet à F et de sadique et de Clio et les autres personnages masculins dans le roman est-ce que vous pouvez parler un peu si je commence par les deux principaux qui sont sadiques et crelio effectivement ça dit qu'on trouvant son prénom parce que pour moi les noms des personnages les prénoms sont très très importants très symboliques évidemment Ève on comprend le symbole facilement mais ça dit que en fait bon alors Gilles c'est un prénom musulman sadique mais en français et en anglais on joue sur les le double sens donc ça dit que comme on sait mais on l'appelle Saad donc il est aussi il y a une tristesse en lui donc lui-même il dit en tristesse et cruauté la ligne est mince et il se rend compte que il pourrait suivre un cheminement avec le les gants le gang des garçons qui pourraient le mener vers une sorte de cruauté de par rapport aux femmes ou par rapport aux autres où il peut suivre la voie un peu de la sagesse je dirais en guillemets qui est avoir de la poésie qui est la voix de son amour pour Ève aussi donc au début de ce roman on a un peu l'impression qu'il est tiraillé il est entre deux possibilités de vie de possibilité de d'avenir aussi qui va faire que pendant le roman ses choix vont de plus en plus ce canaliser vers vers la poésie vers un cheminement que les bio par contre c'est un le contraire c'est un petit on pourrait dire un petit voyou un petit malfrat il a déjà fait de la prison il est en colère contre tout le monde mais lui son cheminement est aussi enfin un peu dans le même sens que çade c'est-à-dire que à partir de ce de ses choix de vie qui est prise de le condamner à la prison ou un avenir de de banditisme de petits banditisme il va au contraire faire un cheminement intérieur quand il est en prison où il va se dire que que ce sont des mauvais choix et on se rend compte que il commence à réfléchir sur son avenir et il devient le plus fragile des quatre en fait et en écrivant ce roman vers la fin je me suis retrouvé c'était peut-être le personnage que j'aimais le plus parce que bon je défie ceci donc quelque part j'avais un peu une tendresse envers lui et sa solitude en prison ne sachant pas qu'est-ce qui va lui arriver ça m'a je ressentais beaucoup d'empathie ce que lui il ressentait donc c'est un personnage que j'ai aimé écrire même avec son langage aussi très dur ensuite bon le père d'Eve c'est probablement le personnage le plus négatif parce que lui il ne se pose pas de question c'est lui qui a l'origine de la violence contraire peut-être l'origine de ces choix aussi de vie donc il n'y a pas de de rédemption quelque part pour lui en fait c'est vraiment il est il est déjà pris dans son dans son étau mais le professeur qui est aussi un personnage négatif puisque bon il abuse quand même de son de son autorité alors qu'il aurait dû être celui qui leur offre au contraire des possibilités mais je le décris aussi comme un homme faible et perdu qui a très très peur de perdre son boulot de ne plus savoir et il est vraiment éperdument amoureux donc même si c'est à travers lui que le la tragédie va arriver quelque part il est aussi un petit peu je dirais pas une victime non mais prisonnier de des circonstances de vie dans lesquelles il se trouve et enfin finalement pour le policier dans un sens le fait qu'il donne il essaie d'aider il est vraiment très conscient des dangers auxquels elle fait face donc il est celle de parler les seuls lui dire que si tu fais ça tu vas tu vas vers la mort quoi mais quand ils se rend compte qu'elle ne va pas l'écouter peut-être l'arme à feu il se dit ce sera la seule façon pour elle de se défendre donc c'est un choix étrange et à la fois difficile mais peut-être que là c'est c'est une façon de dire que quand il n'y a pas d'autre choix à un moment donné la violence devient la seule réponse pour tous et d'ailleurs elle va utiliser cette arme pour sa vengeance en fait contre les hommes et la vie encore une question dans le roman l'action est mis sur le corps humain et on peut considérer le corps humain comme en personnage lui-même est-ce que vous pouvez élaborer un petit peu par rapport à ça alors c'est très curieux parce qu'on m'a souvent posé des questions au sujet du corps mais on ne l'a jamais décrit comme vous me le dites que le corps lui-même est un personnage donc je trouve ça très intéressant et je pense c'est c'est juste parce que quelque part dans dans tous mes romans ont le point de départ est un corps qui est déchirer quelque part ou des êtres qui sont déchirés par rapport à leur corps donc dans tous les cas de Ève ou des prostituées de de du rire des déesses ou de pôles d'Henri la poudrière ou de mes autres romans les femmes surtout sont dans une situation de dédoublement ou à l'intérieur il y a un être qui veut être entendu qui veut être écoutée qui a des choses à dire et à l'extérieur il y a un corps qui est soumis à toutes sortes de pressions de la Société des règles sociales souvent aussi qui est rendu invisible par le fait que il ne correspond pas à une fonction par exemple pour les prostituées ce corps n'a qu'une fonction c'est de servir les hommes et l'être à l'intérieur et quelque part a disparu tu es encore plus invisible donc mon propos peut-être ou mon envie c'est de rassembler ce cet être et ce corps et de les rendre tous les deux comme une sorte d'entité visible et surtout audible et qu'on peut écouter comprendre dans son dans son entièreeté donc je pense que c'est vrai que finalement c'est vrai que ce corps est un personnage qui attend d'être habité réhabiter peut-être reposer par son cette personne qui est à l'intérieur qui est cachée à l'intérieur et d'ailleurs pour moi c'est toujours été le cas que par exemple dans ce qui me mérite beaucoup dans les religions disons traditionnels orthodoxes et que le corps et l'âme sont souvent considérés comme de choses séparées et que le corps est quelque chose dont on a un peu honte en fait surtout le corps des femmes on considère souvent que une femme ses règles que ce soit dans l'hindouisme judaïsme à une époque le christianisme elle pouvait pas aller au temple quand une femme vient d'avoir un bébé elle ne peut pas aller non plus au temple donc ils sont en quelque sorte considérée comme une sorte de pollution par rapport à la spiritualité et à la religion et pour moi je pense que non si nous sommes encore et être et sens donc nous sommes un tout on ne peut pas vraiment séparer les deux en fait donc ça a été un peu le propos dans tous mes livres c'est de faire permettre aux femmes de reprendre possession de leur corps et que soit elle qui décide ce canon ce qu'elles en font et pas l'autre finalement j'aimerais poser une question par rapport à l'adaptation chimique de ce roman parce que ça a été adapté dans un film Les pouvez-vous parler un petit peu parce que on a vu que il y a des aliments dans le roman qui ne sont pas trouvés dans le film est-ce que vous pouvez parler un petit peu comment vous avez développé l'idée de transformer ce livre à en film merci oui alors au départ il m'avait semblé que c'était un film un livre très cinématographique parce que quand je l'ai écrit chaque personnage parle quasiment à la caméra entre guillemets puisque chaque personnage s'adresse au lecteur en disant je et on a on n'a pas de grande description de de du lieu mais on peut s'imaginer on peut se l'imaginer on peut s'imaginer les personnages en train de bouger à travers la ville Eve marchand Saad à la fin courante à sa recherche et tout il me semblait que dans ma tête il me semblait que c'était très visuel comme roman par rapport à mes autres romans mais cela dit quand mon mari et moi vont monter une société de production il y a quelques années avant vous les produire donc nos propres films si vous voulez mais quand j'ai commencé à travailler sur l'adaptation le film finalement a été surtout réalisé en particulier qui a des prix le relais en Suisse c'est je me suis rendu compte que la première chose à sacrifier c'était la langue parce que le livre est un livre aussi qui est écrit de façon extrêmement précise dans le langage poétique c'est à dire je l'écris comme effectivement finalement comme un long poème et quand je l'ai retravaillé c'était comme on retravaille un poème en 6 lors des mots les sonorités la musicalité alors même si le propos est très dur et violent la le langage reste poétique tout au long mais en commençait à écrire des dialogues pour le film je me rendais compte que on ne pouvait pas utiliser ce langage là ça sonne pas du tout naturel il ne parleront pas comme ça donc première chose c'était de sacrifier le la langue mais mais après cela je crois que enfin bon oui il y a eu au moins je crois 14 versions de ce scénario parce qu'il y avait aussi des points qui est de de comment dire de la séquence de de l'action sur laquelle on butait énormément notamment dans le livre on ne sait pas qui a tué les habitats jusqu'à la fin et ensuite l'histoire justement du pistolet que le policier donne un rêve donc on s'est demandé est-ce qu'on garde le suspense mais c'est pas un film assez space donc c'était pas la peine mais pour le pistolet en réalité qu'un policier donne un pistolet à une jeune fille ce serait vraiment irréaliste donc c'était ce genre de poids où on a chopé ou je devais vraiment essayer de trouver une solution qui paraisse qui passe et qui paraissent disons admissible par le public mais ensuite bon j'étais présente pendant pendant la réalisation et surtout charlemagne a beaucoup travaillé avec ces jeunes parce que il avait un peu le une connexion avec avec de par l'âge de parle et donc il a vraiment réussi à faire sortir de quelque chose de très profond et pour moi ce film c'est une c'est une autre œuvre disons c'est pas comme quand je les vois quand je vois le film je ne pense pas au roman je le vois comme une entité et puis voilà et quand je lis le roman je ne pense pas aussi non plus sauf que parfois il y a quelques morceaux de dialogue qui me reste en tête et je ne sais plus si ça vient du livre du livre mais j'aime bien l'idée que de quelqu'un se réapproprie quelque chose et en face une autre que ce soit pas inadaptation fidèle mais une interprétation peut-être de la même histoire merci
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