Cinema Africa 2023 - A conversation with Cédric Ido
- Title
- Cinema Africa 2023 - A conversation with Cédric Ido
- Abstract
- As part of the Cinema Africa festival 2023, director and screenwriter Cédric Ido was a guest of the Africa Multiple Cluster of Excellence in Bayreuth. In this interview, he talks with Dr. Maroua El Nag-gare and Jelena Mijajlovic about his film “La Gravité” which he presented at the film festival. The movie is about two brothers living in a ghetto eager to do anything for their freedom. When an unprecedented alignment of planets seemingly impacts earth’s gravity and upsets the balance in the ghetto, they find themselves in an unceasing fight between old and new generations.
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- Cinema Africa 2023
- Date
- March 8, 2023
- Language
- French
- Transcript
- bonjour nous sommes heureux de d'accueillir Cédric Kido pour la deuxième fois ici à by right lors de cinéma la semaine du cinéma africain donc pour l'édition 2023 donc bienvenue merci à vous de nous recevoir encore une fois c'est un plaisir comme je dis c'est toujours un plaisir de venir et de présenter le film et d'avoir les retours justement c'est très agréable alors moi c'est Marouane lagard et je suis Alana on va mener l'interview avec toi aujourd'hui alors j'ai commencé par des questions plutôt générale peut-être commencer d'abord par te demander si tu comment tu voudrais te présenter tout simplement voilà Cédric Cédric Hido réalisateur scénariste comédien et puis j'ai réalisé cette année le film la gravité qui sort bientôt et j'espère qu'il sortira ici en Allemagne si le public est motivé pour mais je pense que il y a pas de raison on fera tout pour qu'ils sortent ici tout à fait Cédric tu es aussi dessinateur tu avais commencé avec la bande dessinée et ton cinéma je veux dire tu avais présenté ici ton premier film un de tes premiers films les sabres et il y a il y avait cette influence du cinéma japonais des personnages donc de la culture japonaise on retrouve en fait cette influence qui traverse tout est filmé cette mythologie moi j'aime bien aller chercher j'aime bien ramener des histoires très personnelles et j'aime bien ramener du genre mais aussi un genre qui me convient et qui convient aux histoires que je que je que je veux raconter à chaque fois et là en l'occurrence c'était par l'intermédiaire du un média qu'on connaît bien bande dessinée japonaise et justement réussir à trouver un lien entre la mythologie en l'occurrence dans le film les Sabres mythologie africaine et aussi connecté à la mythologie japonaise et c'était bien de prendre justement ces mangas qui sont aujourd'hui quelque chose qui parle au plus grand nombre et qui en fait sont une vraie connexion avec la mythologie africaine la mythologie et la leur aussi japonaise et comment est-ce que tu pourrais connecter justement cette référence notamment en samouraï qui apparaît aussi dans le film la gravité donc à travers le groupe de jeunes et aussi à cette dimension tu la lis toujours à des questions en fait à des préoccupations sociales on l'a vu avec les Sabres avec la question du réchauffement climatique il y a aussi des références bon je sais pas dans toi toi à cette notion de super-héros un peu plus tard mais mais dans dans la gravité justement c'est cette idée de samouraï qu'est-ce qu'elle représente pour toi en l'alliance est à cette question assez question en fait c'est plus là c'est encore une fois au lieu plus que le samurai c'est toute une un pan de la mythologie japonaise en fait que j'emmène c'est que dans la gravité les les comme je dis je j'essaye de parler d'une manière déviée de de d'un certain fondamentalisme religieux religieux sans vraiment nommer de religion et justement pour le faire et c'est là où le genre est important c'est que je vais chercher quelque chose dans dans mon répertoire de genre qui est là en l'occurrence la mythologie japonaise et il faut savoir que les rites pratiquaient dans le film mais l'influence que quand les jeunes sont des bouches de vrais de de de de vraies rites en fait c'est que le Ito bachira dans qui a dans le film qui littéralement veut dire pilier humain et un vrai et des sons des rites qui ont vraiment existé au Japon dans dans l'ancien temps et les jeunes s'inspirent en fait de ça c'est à dire c'est une manière de de comment on glisse en fait dans un espèce de fondamentaliste qui peut être n'importe quoi qui peut prendre n'importe quelle forme et là en l'occurrence c'est on rentre par l'intermédiaire des bandes dessinées peut-être des mangas des jeux vidéos et comment on arrive à à se radicaliser au point de vouloir justement se servir de ces rituels et de retourner dans l'ancien temps et de d'en arriver même à vouloir sacrifier voilà c'est des des gens qui devraient être nos références aussi quoi exactement c'est vraiment existé c'est qu'il est humain et en fait c'était soit involontaire qui était pris dans la communauté soit un ennemi qui a été capturé et il le glissait il le mettait dans un pilier pour les bâtisses en fait pour que les bâtisses en fait prospèrent et qu'elles s'effondre pas et il y a beaucoup de temps en fait au Japon peut-être ailleurs je sais pas mais en tout cas oui il y a des où il y a encore des des squelettes dans les piliers ou enterrés dans le sol en fait comme je sais pas m'assemblé aussi que sur le plan éthique peut-être il y avait il y avait quelque chose qui pouvait [Musique] sortir de cette référence parce que par exemple les samouraïs à la carrossi un certain code de l'honneur et ça on l'a vu aussi dans le film c'est à dire que les jeunes ont un éthique quelque part et parce que en fait le fonctionnement de la voilà moi je suis de je suis de je suis de j'ai grandi en Cité à Paris en instinct et en fait encore une fois je voyais des des similitudes entre les entre le fonctionnement de la rue en fait la manière dont la guerre qui pouvait avoir la guerre des gangs de la guerre des de de pour la drogue et tout ça et de il y avait vraiment des liens que je retrouvais dans les films de Yakuza que moi je regarde en fait où il s'agissait en fait vraiment des mêmes combats qu'on a pour les terres foires et les et toutes ces choses là à Tokyo ou à Kyoto et je me suis dit mais pourquoi ne pas aller chercher justement ces choses là que j'ai dans ces dans ces encore une fois ces références dans le genre que je peux aller chercher pour ramener dans quelque chose de plus personnel justement et d'où encore une fois le lien entre le Japon et cette fois-ci la cité quoi c'est aussi un univers très masculin je veux dire on a quand ta filmographie on a l'impression quand même que c'est un univers qui reste très masculin et donc du coup est-ce que c'est sciemment qu'il y a une certaine marginalisation des femmes c'est-à-dire qu'on aurait bien aimé par exemple avec les personnages de la d'une des nourrices qui a qui était très forte en fait les femmes elles sont oui elles sont quand même pivot et puis il y a aussi un certain là en l'occurrence dans la dans la dans la dans la gravité il y a aussi c'est c'est aussi les femmes qui s'en sortent surtout et en général et même dans le film précédent le court métrage la vie de château le but c'était de vraiment montrer comment les hommes et moins je suis un homme et je sais je parlerai mieux d'un homme que femme et j'ai ma vision et pourquoi pas j'ai pas la prétention de prendre la place du femme qui est frais peut-être même moi mais en tout cas là en l'occurrence dans dans ces films là c'était montré vraiment la place de comment les hommes peuvent se prendre la tête et peuvent justement fabuler sur beaucoup de choses et puis être victime alors que les femmes en fait sont tout de suite plus pragmatique et puis on conscience justement des pièges de ce système là en l'occurrence là dans la gravité celle qui vont sans spoiler celles qui réussit à partir c'est une femme dans la vie de château celle qui celle qui font fonctionner la vie de château c'est peut-être pas vu mais c'est le fonctionnement d'un quartier à Paris justement dans le centre de Paris qui s'appelle château d'eau justement où tout le monde ou tout tourne autour du business de la de la de salon de coiffure exactement et il faut savoir que le truc c'est que les hommes fabulent beaucoup mais celles qui font vraiment tourner les salons c'est les femmes et justement c'est un peu ça justement dans la vie de château que qu'on raconte et que qui est montré c'est et c'est les hommes qu'on met en avant toujours mais les hommes c'est beaucoup d'ebrooke et c'est beaucoup de trucs qui ne font pas à fonctionner la machine elle-même il fabule ils sont ils créent l'histoire mais ceux qui font fonctionner qu'on ne voit pas forcément et qui émerge à la fin c'est les femmes en fait voilà et dans Saki à Suda le simple fait le film de samouraï il y a beaucoup de garçons parce que justement c'est une c'est une espèce de parabole en fait de ce que j'ai connu dans en grandissant en cité où les gens s'entretuaient et c'était les acteurs étaient en gros des hommes uniquement qui sont entre tués pour des histoires de drogue et justement et j'avais envie aussi d'avoir un monde un monde chaotique en quelque sorte qui est aucun espoir en fait que c'est savoir et là ce tue pour des terres en fait qui passe un peu comme comme une guerre il se tue pour les terres et qui est aucun espoir en fait et que le simple fait de ne pas voir de femmes tu te dis en fait il y a aucun moyen d'emploi aucun moyen de justement de prospérer en tant que société dire qu'il continue à se tuer et que c'est emmené cette civilisation là et emmener à disparaître justement voilà et c'était renforcé en fait cette illusion cette sensation de il y a aucun espoir rien ne peut rien ne peut naître de ça quoi à Elena c'est par rapport à la démonstration de la violence l'une des réactions du public c'était que justement dans dans la gravité mais on peut aussi faire le lien bien sûr dans les sables c'est que la violence comment tu la montres elle est elle reste assez comment dire papa papa n'est pas démonstratif non c'est à dire que elle elle reste regardable entre guillemets c'est pas les les scènes de d'extrême violence dont on a l'habitude et en fait je trouvais aussi que ce qui était intéressant si tu permets c'est que c'est vraiment c'est sur les corps c'est vraiment des corps qui sont en confrontation et même les les armes qui sont utilisées restent des armes très basiques très primaires on n'a pas recours à des total attires donc j'ai trouvé ça aussi très très intéressant mais en fait le truc c'est comme je j'expliquais pendant la projection à la fin de la projection c'est que pour moi le l'action et la et la et on va dire même dans l'occurrence là dans le film les scènes de combat sont en fait une continuité de des dialogues en fait de la discussion d'une discussion d'un d'une nièce d'une relation et d'un rapport et qu'en fait ça arrive au moment les bagarres aussi quand le dialogue est plus possible en fait quand il y a une question de survie et quand justement est de les ramener dans un dans un contexte de réalité c'est pour ça que c'est pas violent parce que c'est pas non plus démonstratif parce que j'avais pas envie non plus d'avoir des mecs qui sautent machin il y a aucune raison qui sache se battre à ce à ce point là et puis que ce soit aussi spectaculaire mais là il y avait un côté éprouvant en fait c'est vraiment dans l'épreuve et dans la dans la difficulté en fait et je pense que c'est beaucoup plus fort et ça ça en est encore en empathie avec les personnages avec chacun des personnages justement parce qu'ils sont à ce côté prouvés qui est hyper important je trouve pour et de dialogue aussi et de et de que le combat soit un espèce de dialogue le côté spectaculaire il est un petit peu présent cette personne justement de Joshua qui qui se transforme en super héros OK Cédric est-ce que tu pourras me dire qu'est-ce que tu as inspiré à faire ce film en ce moment de ta vie et pourquoi est-ce que tu as choisi le traiter la thématique des banlieues françaises en fait le sujet dont j'ai toujours voulu parler de raconter surtout l'endroit où d'où je viens où j'ai grandi où j'ai mes quelque part mes racines ce que je vois un peu mon quartier Stains comme comme mon village et j'avais envie de parler surtout des des parler de cet endroit là mais d'une autre manière et de manière qui me ressemble un peu plus et surtout rendre hommage aux gens que qui m'ont inspiré et qui avaient énormément de talents et que je vois encore aujourd'hui qui ont beaucoup de talents et que je vois qu'ils vont jamais émerger parce que justement ils sont dans cette dans cette dans un pays en fait où il y a un vrai ou le plafond de verre est trop puissant et et ils sont victimes en fait et jamais conscients de leur talent et qui se voit Tim et tombe dans les pièges les pièges qu'on a placé pour eux en l'occurrence là dans le film c'est le deal de drogue quoi et c'est voilà c'est là pour vous c'est c'est ce qu'on a prévu pour vous d'une certaine manière et tu peux pas en réchapper quoi et c'est pour moi c'est ça cette espèce de racisme institutionnel comme ça dans lequel il gravite son jeu de mots et voilà j'ai envie de raconter ça justement de montrer ces personnages-là qui ont beaucoup de talents mais qui savent même pas qu'ils ont qu'ils ont ce qu'ils peuvent en faire quelque chose parce que on leur a jamais montré le chemin ma deuxième question concerne les seins dans le film parce qu'il y a dès le début nous avons pu voir l'un des personnages qui courent en fait Joshua et donc il mentionne déjà ses rêves d'évasion encore parce qu'il dit on rêvait d'échapper comme l'espace de quelques secondes à l'attraction terrestre donc est-ce que par cet aspect là tu veux présenter métaphoriquement leurs rêves d'échapper à cet environnement hostile des banlieues en fait oui à quelque part on pense qu'on veut échapper à cet environnement difficile pour eux mais ils savent pas d'où en fait c'est le fait de ne pas savoir en fait d'où vient cette attraction aux gens en l'occurrence la métaphore de la gravité d'où vient cette attraction qui te maintient au sol en fait et que eux pensent qu'en prenant de l'altitude en fait tu vas t'échapper et que chose qui ne peuvent pas qui qui peuvent pas faire mais la question c'est la course exactement et en fait il y a un truc ce que je disais aussi à la projection c'est que pour moi le on veut tous Tout le monde veut s'échapper de ces de de satiété de son quartier parce que on a l'impression que la gravité est beaucoup trop puissante et quand on s'extire pas on va il va se passer quelque chose et qu'en fait tous ceux qui réussissent pour moi sont qui viennent de ces zones là que ce soit des sportives des artistes de toutes sortes ils veulent juste partir alors que aucun ne se dit je vais rester pour justement servir à ma communauté voir ce que je peux leur apporter en restant dans les murs en montrant que justement c'est possible de rester d'exister et en restant là et en faisant émerger les autres quoi et nos personnages en fait sont un peu tellement victimes aussi de systems qui se rendent plus compte qui savent plus pourquoi ils se battent et comment faire pour exister quoi et c'est là où j'ai ramené les petits les jeunes qui sont conscients un peu plus conscient de ce cette métaphore de prison en fait il y avait une scène qui que je trouve très belle avec les trois dessins sur le mur et donc là tu as on a l'impression que tu as présenté à la fois l'école la tour où ils sont grandis et donc comme comme oui et on a l'impression qu'ils ont les prisonniers de cette société où on est où ils sont prisonniers parce que où ils sont bloqués parce que que ce soit et c'est un peu l'image de ces trois dessins pour montrer que l'évolution est quasiment impossible c'est que tu as la tour la première tour c'est leur école je crois non leur tour là où ils ont grandi l'école et aussi la prison et en fait en général même architectuellement les buildings se ressemblent en fait la prison ressemble autour l'école ressemble au bâtiment de la prison machin et qu'il y a un espèce de conditionnement comme ça exactement et qui sont des gens enfermés dans dans cette prison et que lui quelque part ce personnage là on est conscient voilà et qui joue les règles les choses qui ont été fixées pour lui de ne pas exister en tant qu'artiste mais d'exister en tant que dealer de drogue et que c'est tout ce qu'ils peuvent faire et c'est tout ce qui est possible pour lui quoi forme de fatalisme totalement en ce qui concerne les références pour le film on a vu le début du film a rappelé à beaucoup de nous à beaucoup d'entre nous le film donc est-ce que il y a une référence directe à ce film c'est pas direct c'est sûrement inconscient mais c'est cette image de moi j'avais besoin que les personnages les trois personnages principaux soit connectés à la gravité en fait à la chute et que cet événement dramatique qui a au début en fait soit lié à la gravité et c'est ce qui porte en fait toute leur vie ce traumatisme et on les retrouve plus tard nos rites de ce traumatisme là en fait mais qui a un lien direct avec leur c'est à dire qu'ils ont connu gravité une certaine attraction gravitationnelle qui leur a coûté un truc traumatique à côté la vie sans se spoiler mais ils ont vécu avec ce traumatisme là et tu les retrouves 20 ans plus tard voilà avec une autre forme de gravité qui est qui arrive quoi une gravité plus métaphorique au sein du début oui Cédric on l'avait un petit peu dit au début mais peut-être que tu pourrais nous dire plus voilà il y a toutes ces questions aussi environnementales qui étaient très présente dans dans les Sabres c'était même le thème principal et on le voit aussi arriver à travers cette métaphore de l'alignement planétaire qui signifierait aussi un changement ces symbolisé aussi bon bien sûr on peut pas spolier le film mais il y a quelques éléments dans le film aussi qui qui parle de cette question aussi écologique donc est-ce que tu voudrais nous parler un peu de cette préoccupation que tu as quelque part c'est c'est une préoccupation totalement naturelle et je sais pas une préoccupation qui est née avec l'engouement actuel de s'intéresser au climat parce que d'une manière quelque part récupération politique aussi mais c'est juste de mes de mes de mes de mon mon background africain burkinabè et qu'on est très lié de manière totalement naturelle on est lié à la nature quoi qu'il arrive tout se base sur la nature dans les otérisme les otérisme c'est aussi une connexion directe avec la nature et et c'est des questions qui arrivent forcément dans mes dans dans les films dans les histoires parce que je prends je place toujours du point de vue voilà que j'ai connu africain de l'héritage aussi que j'ai eu et en étant tout tout passe par la nature avant tout quoi et que c'est pas et que mes grands-parents étaient concernés par ça mes parents sont concernés aussi par par la nature et je pense que à l'instar des des de à Saki à Souda les Sabres c'est venu aussi du fait que j'entendais moi j'étais à l'époque où j'avais écrit le film j'étais à la fac aux États-Unis et c'était l'année où Al Gore ou algor avait fait son film sur le le réchauffement climatique et ils obligent un peu tous les élèves à regarder le film plusieurs fois plusieurs fois dans le semestre et je trouvais qu'il y avait un truc comme ça espèce de d'engouement soudain pour quelque chose que que que qui faisait partie de moi justement quoi et je me suis dit comment moi je pourrais raconter ça et dire faire comprendre que d'une manière tout à fait naturelle on était j'étais connecté à ça avec avec justement dans les Sabres se réchauffement climatique à quel point il peut avoir un impact chez nous en Afrique justement qu'est-ce que comment les populations sont plus sont pénalisées peut-être même beaucoup plus qu'ici en Occident et voilà c'était un point de départ et de dire nous en fait on est plus peut-être qu'on est beaucoup plus impacté que ce que vous pensez et que c'est pas juste la nature tant que telle mais c'est une connexion directe direct avec avec nous voilà c'est ça qui est pas juste et c'est parti de là et je pense que ça nourrit aussi un peu un peu mon cinéma et là en l'occurrence pour les pour les les pour la gravité c'était d'aller chercher aussi ce lien encore une fois au Japon comment ça se passe comment au Japon et puis on ferme en termes de sciences de science-fiction aussi comment les les sept nouvelles génération et peut-être plus connectée à celle à l'environnement que celle d'avant quoi même cette le fait que je me sers de ce de l'arbre de vie de Trump c'est pas anodin l'arbre de vie qui est la connexion qui est qu'on trouve dans beaucoup de civilisations mais qui est la connexion de ce monde et le et le et l'autre qu'on ne voit pas mais qui est aussi l'arbre en fait et que quelque part eux la simple fait de récupérer des arbres et d'être conscient que l'arbre à cette puissance dans cet environnement totalement béton de béton uniquement voilà ça a une vraie et que ça serve d'antenne en fait et que là il y a une vraie connexion à la nature encore une fois qui est notre connexion avec avec les astres aussi on le voit très très bien dans le film même à travers les yeux de l'enfant qui est qui remarque tout de suite par exemple qui est sensible au fait qu'il y ait des étoiles qui apparaissent alors que les parents on a l'impression qu'ils sont pris dans leur quotidien pourrait peut-être aussi dire un peu plus sur le côté un peu plus technique de du film c'est à dire quels sont les défis que tu as rencontré quand tu as voulu faire le film peut-être un petit mot aussi sur le le casting moyen ouais les défis après les les les défis il y a toujours des défis je pense qu'on peu importe la la taille du film mais moi l'argent est plus des défis sont sont Colosso et là en l'occurrence je pense que le fait d'être bien entouré par les producteurs par Emma et aussi Alain et puis d'autres partenaires aussi c'est c'était de savoir que quelque part le système de financement en France frileux par rapport au film quand tu essayes quelque part d'innover en essayant de ramener de parler justement des banlieues et d'avoir du genre et quelque chose souvent quand tu veux faire des choses hybrides le système a très peur en fait où est-ce qu'on veut nous emmener ou est-ce que alors que je pense que c'est ce que le public aussi demande et on savait dès le départ que on allait même si on avait des partenaires qui nous ont suivi on savait qu'on n'avait pas dépasser une certaine un certain budget et le truc c'est justement l'intelligence de ces producteurs là c'était de dire on va pas revenir à quelque chose de traditionnel de plus traditionnel et de plus mainstream parce que on n'aura pas plus d'argent quoi qu'il arrive et c'est pas le film et en fait ils m'ont poussé à aller vraiment dans dans ce que j'avais envie de faire et de pousser à fond justement ce côté atypique de et d'avoir un objet justement plus puissant parce que on a été au bout justement de la démarche et ça je trouve ça assez intelligent et oui c'était pas simple mais en tout cas on a on savait qu'on avait un but c'était d'aller au bout de la démarche quand c'était fixé quoi ce que je trouve aussi intéressant c'est que il y a eu aussi l'appui de d'acteurs et françaises qui sont plus connus on va dire même les comédiens oui et Steve machin tourne voilà c'est des gens qui tournent et je pense que en fait c'est là où il y a il y a aussi un paradoxe c'est que tout le monde est en vie de faire autre chose de tenter des choses de tenter des choses et de prendre des risques qui est le propre aussi de ce métier de pas répéter le même film tout le temps quoi et je pense que quand il y a une proposition comme ça singulière on voit qu'il y a un vrai engouement euh de la part des acteurs genre des acteurs générales pas forcément des comédiens mais des acteurs et qui a peut-être un système de financement qui est encore trop frileux mais qui voilà qu'on espère qu'il va se dévergonder un peu et sortir de ses de son de sa facilité quoi le jeu des acteurs était aussi très frappant je veux dire que ce soit les les aînés confirmés mais aussi les jeunes ça ça rappelle un petit peu on pouvait penser que c'était même des jeunes du quartier que à qui tu as demandé peut-être de jouer parce que ça rappelait un certain cinéma ou pour faire plus effet de réel et on avait vraiment l'impression que c'était que c'était ça en fait que c'était pas surjoué justement que ce soit des bons acteurs que ce soit des même si c'était de la composition pour certains mais en fait qu'ils aient un lien direct avec avec cet univers là avec l'univers de la banlieue qui sache qui soit pas que ça pas quelque chose qui qui fait que ça se sent et ça se ça marche pas en général quand ils le font et là en fait on a voilà ils sont tous ils ont tous un lien même pour ceux qui sont dans un parcours de travail plus classique aujourd'hui qui ont été recherchés et surtout c'est ça reste aussi beaucoup des Comé des communales composition qui ont composé pour ce pour ces pour ces personnages là même Max qui a perdu plus de 10 kg pour le pour le pour le pour le film Max qui joue Daniel voilà qui d'aller chercher vraiment des dans leur allais vraiment chercher dans leur retranchement tout ce qu'ils avaient comme inspiration et aussi leur permettre de composer moi je fais très très confiance aux acteurs au-delà de l'authenticité que aurait laquelle je tenais dans le jargon dans la manière de parler justement et les gamins même les pour les Ronin pour le celui qui joue le rôle de Bilel de Bilel qui est l'acteur qui joue le rôle de Tino voilà je tenais absolument qu'il y a une espèce de fragilité comme ça dans le dans le dans cette espèce d'authenticité pour mettre en danger j'aime bien aussi ce truc de mise en danger de casser justement les les l'assurance que peuvent avoir certains comédiens parce qu'ils sont dans leur dans leur dans leur zone de confort justement et de casser ça avec des des acteurs un peu plus fragiles et plus dangereux aussi quelque part et ça ramène une espèce de dangerosité je pense que ça crée un espèce d'équilibre et un espèce d'équilibre d'authenticité justement qu'il a marche plus ou moins oui alors comme tu disais je veux dire ton ton film effectivement c'est un film de banlieue mais il s'écarte vraiment de de beaucoup de représentations habituelles qu'on a de la banlieue notamment la confrontation avec les l'autorité on l'avait vu aussi par exemple dans dans un film comme Les Misérables ou c'est toujours en fait le clash alors que là ici c'est vraiment le conflit au sein de la banlieue oui et entre les les aînés et les en fait et les petits frères quelque part est-ce qu'il est intéressant aussi c'est qu'on qu'on voit malgré que on le sait politiquement médiatiquement il y a une construction aussi de de ce problème de la banlieue des minorités etc on ne voit jamais l'État mais c'est en fait mais il est omniprésent et il y a une réplique donc dans des acteurs qui de Daniel justement qui vient qui répond et qui dit vous vous êtes trompé donc pourquoi ce choix de ne pas de laisser ça en interne en fait je trouvais que c'était important de sortir aussi du du du des codes entre guillemets du cinéma de banlieue qui est en train qui qui est de mettre en confrontation la police et la population en général et je pense qu'il y a des choses il y a énormément il y a beau il y a beaucoup plus de choses à comment dire tacler que que ces problématiques là et pour moi c'était beaucoup plus important de mon point de vue de parler justement d'un problème générationnel et qu'est-ce qu'on laisse nous parce que je me vois un peu comme faisant partie de la génération des grands frères maintenant aujourd'hui et je me pose aussi beaucoup la question qu'est-ce que je laisse à mes petits frères aussi quoi et je pense que ça c'est un problème beaucoup plus en tout cas pour moi beaucoup plus important que les problématiques avec la police en cité quoi et c'est vraiment un questionnement c'est qu'est-ce que je leur laisse qu'est-ce que est-ce que je leur laisse justement rompu entre les frères entre les je sais pas si c'est juste ici c'est uniquement cité en France mais j'ai la sensation que en tout cas il y a une il y a une il y a une il y a eu un espèce de nihilisme en fait qui n'est dans ses générations là où il y a plus en fait de repères ou d'envie justement de ressembler au grand frère ou d'aller chercher justement la valve des grands frères et aussi des parents et je pense que il y a quelque chose oui inconsciemment peut-être de leur part de se dire on va on fait les choses comme on veut on n'a pas besoin justement de de ressembler à nos frères qui ont qui ont essayé justement parce qu'ils ont vu essayer ils ont vu la génération précédente essayez et d'échouer dans un système en fait qui avait pas forcément envie de les reconnaître et je pense que justement quand je dis aujourd'hui qu'est-ce que je moi je laisse à mes petits frères c'est aussi de dire quelque part c'est possible le fait qu'on soit en train de parler là ici et que je donne mon point de vue aussi ça veut dire que c'est quelque part c'est possible que moi en grandissant j'avais aucun modèle même de cinéaste français noir en tout cas qui raconterait mon histoire qui pouvait raconter dans laquelle des histoires dans lesquelles je me reconnaissais avec un point de vue qui était le qui aurait qui était très proche du bien c'était pas possible et j'allais je devais avec mon grand frère on devait aller chercher des références un peu partout à travers le monde dans dans chez d'autres quoi et ce qui aussi ce qui a été bénéfique parce que tu vas chercher à t'identifier à d'autres tu as d'autres civilisations quelque part et ça te permet de t'ouvrir et d'avoir un discours beaucoup plus universel et je pense que l'avantage aussi de ça ça a été de s'ouvrir au monde d'une certaine manière mais à aux dépens de ne pas pouvoir justement avoir des références sur son propre sur son propre sol quoi et voilà j'espère qu'aujourd'hui on arrive à faire la passe et se dire ok c'est possible quoi et pour répondre aussi à la suite de la question qui était pardon c'est juste comme je disais que en fait l'état c'est les discours aussi il y a beaucoup de choses à régler entre nous avant d'apprendre d'attendre la valve de l'état d'une certaine manière l'état Europe l'état où en tout cas l'institution est représentée dans le film par cette gravité là aussi par cette force qui est à l'extérieur qu'il est qu'il est recouvre mais qu'on ne voit jamais vraiment quoi qui est très puissant et qui comme moi jamais vraiment et d'où la gravité et que justement la nouvelle génération inconsciemment consciente que que qui doit faire les choses par eux en fait par eux-mêmes et pas d'attendre qu'on fasse les choses pour eux comme ils l'ont fait leur grand frère quoi oui oui c'est vrai mais j'ai eu l'impression quand même maintenant en tendant parler c'est comme si aussi tu il y avait comme une pas une dénonciation mais comme quelque chose comme on disait attention aux dérives aussi parce que chez cette jeune génération qui d'une part je n'ai pas eu l'impression dans ton film qu'elle coupait radicalement les pompes puisque justement si on reprend le symbolisme de l'arbre etc donc elle est rattachée aussi à des références elle se crée peut-être une nouvelle identité mais c'est plutôt cette crise passion identitaire que que tu essayes de puisque puisque comme on disait voilà le personnage qui vient dire vous attention de pas vous tromper d'ennemi là vous êtes en train donc oui c'est que l'ennemi c'est plus facile de s'en prendre à celui qui est très proche de toi en fait c'est ça et qui sont pas et quand on n'est pas capable et c'est pour ça que c'est important de de définir la gravité comme étant une force institutionnelle aussi c'est que l'institution tu peux pas voir tu peux pas voir que ce racisme structurel en fait il est pas palpable quelque part et que forcément tu vas t'en prendre à ceux qui sont plus proches de toi et tu vas leur en vouloir au point justement de vouloir les sacrifier en te disant le salut il est dans le fait de les deux de se débarrasser de cette génération là qui n'a servi à rien et de repartir sur une nouvelle base que nous on l'a créé c'est ça que ça veut dire chez les chez les chez les plus jeunes mais c'est pas forcément et c'est pour ça que c'est pas forcément vrai bien sûr mais et par la parce que la génération passée a été le lien aussi avec les parents et avec les grands frères c'est que moi ma génération on avait un lien très fort avec les anciens en se disant bon qu'est-ce qui qu'est-ce qu'ils ont à nous à nous apprendre même si c'était compliqué pour eux on allait quand même chercher leur aval alors que là j'ai l'impression que je ne dira son il faut maintenant la remontrer que c'est possible en fait sinon ils ont déjà attendu ça il faut leur dire ben non mais en fait les gars il y a quelque chose à faire plutôt que de de de résider dans cette espèce de nihisme comme ça et bien sûr je parle avec beaucoup de précaution c'est pas tout le monde mais c'est je me sens en tout cas c'est quelque chose qui est palpable chez une belle partie en tout cas oui je veux dire la façon avec laquelle tu as fait le film aussi c'est je veux dire c'est ça va dans la direction d'un peu d'une dystopie donc du coup on peut voir que c'est aussi amplifié on va dire dans dans le film ces éléments là peut-être tu pourrais nous dire une dernière chose sur tes projets futurs avant de conclure cette projet future alors des idées ou qu'est-ce que tu aimerais justement là j'ai un poster Africa qui me parle depuis tout à l'heure c'est retourné justement en Afrique pour les prochains projets voilà avoir l'imaginer à mon imaginaire justement qui est de plus en plus en train de se décaler de repartir en Afrique ok qui a toujours été sur les continents un peu comme moi c'est un peu mon identité clairement quoi de prendre de la liste je trouve que ça aide aussi le fait d'être à cheval aussi sur deux continents et deux cultures ça permet d'avoir la bonne distance et je pense que en cinéma c'est la chose la plus difficile justement c'est d'avoir la bonne distance pour raconter des histoires et je pense que la distance que je peux avoir d'ici en racontant des histoires des choses qui se qui se passent en Afrique c'est aussi la bonne c'est peut-être la bonne distance en fait pour pouvoir analyser et pas être trop victime de du dans les pièges voilà les films séries aussi et puis inversement justement d'Afrique plein de choses donc on sera ravis de d'accueillir encore une fois ton prochain projet donc c'est un plaisir de discuter avec toi et à tout le monde nous vous conseillons vivement non seulement de regarder la gravité mais aussi tous les autres films de Cédric Toulon et espérons j'espère que la gravité va sortir ici très vite voilà s'il sort pas dans les mois qui suivent vous pouvez manifester vous pouvez aller descendre dans les rues et demander à son film sorte voilà ok très bien merci beaucoup merci
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