Cinema Africa 2023 - A conversation with Paméla Diop (in French)
- Title
- Cinema Africa 2023 - A conversation with Paméla Diop (in French)
- Abstract
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Filmmaker and producer Paméla Diop was guest of the Africa Multiple Cluster of Excellence as part of the film festival Cinema Africa 2023 in Bayreuth.
She presented her movie "Saloum" a Western type thriller set in the Senegalese region of the the same name.
In this interview Paméla Diop talks with Marie Tsogo and Thierry Boudjekeu about making "Saloum" in particular and the process of African filmmaking in a more general sense. - Date
- February 23, 2023
- Language
- French
- Transcript
- ok bonjour Pamela bonjour je voudrais te souhaiter la bienvenue une fois de plus à Bayeux et je te dis merci pour le merveilleux film salut que tu nous as fait regarder et qui traite de la problématique des enfants soldats en Afrique c'est un film qui brisé tous les côtes surtout les plans sur le plan esthétique sur le plan technique et même au niveau de la thématique dans la première question que je vais te poser sans transition c'est qu'est-ce qui t'a poussé à faire ce film qui sort vraiment de l'ordinaire de ce qu'on a toujours l'habitude de voir des films dramatiques si tu as poussé à explorer le fantastique explorer des films d'action explorer le trailer je pense que c'est vraiment la rencontre avec pardon avec le réalisateur celui qui a écrit aussi le scénario du film Jean-Luc Arduin parce que il venait déjà du film de genre et moi je cherchais tous les j'aime tous les films déjà un peu passionné de cinéma je suis passionnée de cinéma à la base et j'avais envie vraiment de raconter des histoires africaines d'une autre façon je pense que c'est vraiment rencontré en fait dessus sur vouloir raconter des histoires faire des films africains mais en rêvant aussi du cinéma qui est donc qui nous plaisait on va dire ce qu'on regarde c'est d'être avec d'un peu d'Hollywood dedans et effectivement quelque chose de pas dramatique peut-être quelque chose qui est pas misérabiliste donc c'était aussi ça l'ambition de créer des héros africains très bien fait j'avoue que jusqu'ici je ne me suis pas encore remise de mes émotions alors saloon c'est un espace oui c'est une région c'est une région et c'est quoi ton lien avec cette région c'est un lien le salon c'est dans le sud de Dakar c'est au-dessus de la Gambie et ma maman y est six mois par an à peu près sur une île là-bas donc elle partage son temps entre la France et là-bas et mon père m'a fait découvrir le saloon en face de ces meilleurs amis soit elle qui a fait ses études etc en face de la maison de Senghor et c'est l'histoire un peu comment c'est comme ça c'est à dire que ma rencontre avec le Sénégal qui s'est fait sur le Tardis en France je vais aller au Sénégal la première fois à 17 ans je suis tombée amoureuse du Sénégal depuis je suis du coup depuis 20 ans mais la première fois que je suis allée les premières fois que j'y suis allée la première chose que que mon père m'a fait découvrir c'est le c'est du coup une honoré c'était un peu un hommage aussi à la aux îles du salon sont très connus dès qu'on arrive à Dakar par exemple on entend tout de suite parler des îles du sable tout le monde veut y aller mais personne n'y va en fait c'est assez récent c'est à dire il y a eu il y a eu beaucoup de il y a beaucoup plus de tourisme aujourd'hui de gens qui font visiter il y a je pense à par exemple il y a les aventuriers du saloon qui font beaucoup de tous des jeunes et des moins jeunes des jeunes peut-être que je sais pas si c'est des trentaines en tout cas des gens qui ont des initiatives même localement et qui marche très très bien il y a eu aussi un peu de nouveautés avec le covid c'est-à-dire ça oblige beaucoup de dakarwa à rester dans le pays pour voyager je pense que ça a aussi fait un push de pas que ça n'avait pas commencé avant mais c'est vrai qu'aujourd'hui le salut ça reste c'est beaucoup plus connu que quand je venais au Sénégal avant c'était beaucoup plus sauvages salut quand même toujours j'étais en bas on va aussi là-bas pour se reconnecter avec avec la nature quoi qu'il en soit il y a beaucoup d'écologues voilà c'est plutôt dans cet état d'esprit là que des que des gros hôtels large alors tu as produit le film Jean-Luc la réaliser vous l'avez écrit ensemble et comment tu as réussi à le convaincre de faire un film en l'occurrence c'est lui qui a écrit le scénario mais lui c'était on s'était rencontré parce qu'il venait de sortir son premier film dealer à Paris moi j'étais tout de suite amoureuse de son style très cool nouveau osé aussi il y avait quelque chose de très qui nous emmenait tout de suite super loin sur dealer j'ai pas respiré presque pendant une heure et demie et du coup on s'est retrouvé un peu par hasard au Sénégal puisque lui venait de tourner une série avec Canal+ Afrique ça et du coup ben c'est venu au bon moment on va dire lui venait de terminer il était en train de terminer cette série moi j'avais cette envie de produire un premier long parce que du coup ma première preuve et c'est venu comme ça j'étais vraiment dans le salon quand je me suis dit bon allons-y on a commencé à échanger c'est devenu concret très vite puisqu'on a tourné quatre mois c'est qui m’intéresse beaucoup plus aussi maintenant c'est le c'est le côté collaboration déjà première chose et aussi la place du de la productrice que tu es dans un film comme celui-ci c'est à dire que il y a comme difficile un peu à situer la démarcation qu'il y a entre le producteur et le réalisateur puisqu'en réalité on a comme l'impression que vous faites corps en fait pour pour faire ce film c'est à dire que lui Jean-Luc qui apporte son expérience de cinéaste déjà qui a aussi l'expérience hollywoodienne etc et toi qui est productrice donc il doit ramener de l'argent etc mais qui est aussi symboliquement dans ce dans ce film parce qu'il y a aussi cette région qu'il faut mettre en avant ça donne aussi envie de se poser des questions sur le cinéma africain en général etc c'est quoi le cinéma africain c'est quoi un producteur une productrice de cinéma africain etc est-ce que tu peux nous dire quelque chose brièvement sur ça on va dire sur moi propre je me fais mon propre ma propre fiche de poste quand même parce que je sais pas si c'est le rôle de chaque de mes confrères concerts producteurs et productrices en Afrique pour moi j'ai suis venu de façon on va dire spontanée et en passant par la communication donc pas par un circuit traditionnel de financement de cinéma donc je l'ai appris sur le tard j'ai même eu un peu cette espèce de départ de me dire bah en fait je suis déjà Directrice de Production je revenais du Gabon de Côte d'Ivoire tout ça donc je sais fabriquer on va dire donc ça va aller je connais la région il y a Saya sayasa et je me suis retrouvé comme ça après en tant que que productrice a vraiment comprendre tout ce qui se passait après le tournage et ça a été la longue aventure donc oui je pense que ce film là de toute façon ça reste un gros métissage parce que même les les toutes les personnes en fait qui ont travaillé sur le film ont ramené vraiment beaucoup de même moi je le vois du coup un peu comme un genre de gros patchwork je vois le chef d'or créatif clairement ces gens là et je vois le ce côté maison c'est des gaz on va dire etc que je vois aussi et je vois moi à l'intérieur de ça en productrice mon engagement vers la liberté créatrice africaine clairement je pense que je l'ai c'était une manifestation de ça pour moi c'est c'est ça qui me motive le plus ok la production du film saloon à côté un million de dollars et comment est-ce que tu as fait pour revenir cet argent là en quatre mois quand on sait que le financement c'est vraiment le ventre mou des cinémas d'Afrique quelles sont les stratégies que tu as mobilisées je ne sais pas si c'est une stratégie scalable c'est parti c'est pas parti déjà avec cet argent là ça a commencé vraiment avec l'argent de la publicité de vidéo institutionnelles donc un peu de comme on dit déshabiller Pierre pour habiller Jacques il faut la réaliser honnêtement le début j'ai pas fait du tout de demande de subventions parce que on était tellement dans l'élan de toute façon d'aller tourner et vu les sommes engagées on a profité de l'impulsivité et de la motivation du moment pour aller tourner mais voilà la première partie on va dire un quart déjà du film était là il y avait un gros défi de toute façon de faire tenir au niveau du budget le tournage ce qui a pas été simple clairement le fait de tourner comme ça autour dans une même région et d'être sur un lieu unique autour du camp en général on s'est dit c'est ça qui va s'amplifier les choses mais malgré tout le fait que le que les conditions soient difficiles ça fait quand même dépenser beaucoup et beaucoup d'eau beaucoup de beaucoup de beaucoup de choses à ramener de l'extérieur beaucoup de transport beaucoup de moments où on s'en sable un coup de le manque d'Internet etc et beaucoup de compensations en fait dans la dans la difficulté d'organisation dans un tournage qui est en dehors de la ville déjà donc ça coûte ça coûte quand même relativement cher mais le je pense une des parties vraiment qui a été déterminante pour le film c'était la sélection en fait au Festival international de Toronto l'outil qui a fait que derrière un producteur avec qui on travaillait déjà sur un second long-métrage Marseille engagé sur toute la partie post-production qui est une grosse partie financièrement du film avec les effets spéciaux qu'on nous avait pu voir du coup ça correspond à quand même la grosse dépense du film finalement a été dans le finir un peu du rôle que peuvent jouer du rôle significatif que je voulais festivals sur pour le site n'a pas forcément un marché préétabli est-ce que tu peux nous dire un peu le contexte dans lequel le film est invité à actif et c'était avec on avait une collaboration avec Sean dreamonde qui est le producteur de five finger sur Marseille et qui a fait toute la partie du second montage de saloon donc du coup ils ont repris beaucoup le narratif qui ont beaucoup travaillé aussi même à l'esthétique des monstres donc on a fait un gros travail sur cinq six mois je pense avec l'Afrique du Sud c'était très plus intéressant je pense que ça a donné aussi une autre dimension encore au fil et sur cette base là Peter claudinsky le sélecteur de la section midnight Mendes au festival à sélectionner le film sur la base de ce montage là ce qui est assez extraordinaire puisque les effets spéciaux n'étaient pas encore faits donc ça veut dire que c'était vraiment des acteurs très dégueuler déguisé en monstre qui courait partout en basket dans le sable donc ils ont ils ont quand même vraiment il a mais ils ont fait ils ont fait confiance et ensuite Alexis Perrin qui est donc le coproducteur à Paris qui s'est occupé vraiment de tout ce qui était la post prod est plus encore après sur toute la distribution etc qui a fait beaucoup de travail sur soi en Europe ils ont fait il a travaillé sur deux mois à rendre le film présentable au festival et voilà à partir de là mais je pense oui le rôle des festivals c'est assez c'est vraiment déterminant après je pense que nous on était quand même dans un poste covid avec un marché complètement déstructuré une personne savait trop je sais pas si aujourd'hui on en sait finalement beaucoup plus avec tout ce qui est en train de se passer mais il y avait un côté moins dynamique peut-être que trois quatre ans avant et là dans ce que je lis un peu une reprise comme ça avec Sundance de voilà de l'engouement et puis du coup surtout de l'énergie des distributeurs à se déplacer parce que le Digital a fait en sorte que finalement on peut tous envoyer des liens donc il y a moins ce côté physique de la rencontre entre les producteurs et les distributeurs donc c'est aussi un gros défi ouais voilà l'opportunité qu'elle représente pour les signatures pour moi c'est une grande opportunité pour pour nous clairement déjà c'est toute la technologie en règle générale et la digitalisation fait que aujourd'hui un cinéaste africain il peut aller tourner et mettre sur internet quelque chose qui va peut-être être connu et ramener il y a tout ce on le voit de toute façon localement avec les séries locales etc il y a personne qui attend il y a plus besoin d'attendre un goût quelque part pour aller tourner on tourne en public donc et puis après avec les revenus des marques enfin voilà il y a toutes des systèmes en fait qui se mettent en place et à mon avis c'est pas les derniers ça va se concrétiser se consolider il y a les plateformes aussi qui sont en train d'arriver qui change le mode de confiance de consommation de toute façon avec les multi écrans la fin de la télé la renouveau de la télé où on en est en tout cas ça fait pour nous pour nous qui sommes producteurs de contenu c'est d'autant plus d'espace et de possibilités de création je pense qu'on en est pas encore à la saturation sur sur au niveau de l'Afrique je pense qu'on a encore de la marge avant d'être saturé je pense qu'ils sont à 500 500 show télé américain par an 2022 2021 pareil donc ils sont quand même dans ça et on est très très loin encore de pouvoir produire dans ce niveau là que ça soit au niveau des studios et tout même en mettant en Afrique du Sud on a quand même beaucoup de on a un marché je pense sur l'Afrique de 5 millions à peu près d'emplois dans le dans le secteur et avec une promesse énorme sur les 10 prochaines années même démographiquement donc tu parles de tes partenaires de ton équipe et même de ce qu'on a vu à l'écran c'est à 80% des hommes oui comment toi une femme au Sénégal dans un contexte patriarcal tu as réussi à t'imposer à diriger toute cette grosse équipe à diriger tous ces techniciens hommes comment est-ce que tu as fait il y a dilemme avec tous ces partenaires là étrangement moi j'étais avant directrice de production sur des tournages c'était vraiment c'est vrai que c'était des équipes mal majorité masculines mais ça a jamais été si difficile sur le terrain passe sur cette partie là parce que bon c'est le travail qui prend le pas peut-être après je suis dans l'ignorance dans le déni mais sur le terrain j'ai trouvé ça moins compliqué que finalement dans les affaires parfois où là oui c'était un peu différent il y avait la place était un peu plus compliqué quand il faut négocier parfois ce genre de choses là mais après sur les tournages il y a tellement une hiérarchie très claire et chacun un peu à sa partition à jouer donc forcément oui il y a des choses mais après c'est au Sénégal on est quand même il y a beaucoup de femmes qui travaillent beaucoup de femmes entrepreneurs moi j'ai toujours eu des femmes en régie des femmes assistantes caméra alors que quand je regarde des fois des trucs sur des documentaires ou des making of et tout ça sur l'étranger je vois des femmes qui ont eu du mal à être assistante caméra parce qu'on leur disait le matériel ou c'est pas pour les femmes etc alors que nous étrangement on n'a pas eu ce un peu comme un peu en politique d'ailleurs il y a beaucoup de femmes en Afrique donc mais oui ça m'a ça m'a quand même sensibilisé au fait qu'il y avait un manque cruel de femmes dans l'industrie et surtout que ça marchait très bien quand on quand elles sont intégrées et que ça reste un secteur m'a prometteur moi j'ai vu ça vraiment comme une opportunité économique de développement sachant que les femmes forcément portent beaucoup sur l'avenir en fait du continent sur l'avenir sur l'éducation des enfants etc etc donc du coup il y a une part à jouer dans dans égaliser au maximum le secteur si même quand on voit un peu à l'étranger comment ça s'est passé les toutes les constructions de studio etc etc on se dit finalement eux ils sont en train de le faire maintenant nous on est à la base de quelque chose peut-être que on peut tout de suite que ça soit au niveau environnemental ou que ça soit au niveau des tics de travail essayer de cadrer au maximum ces choses là pour éviter les glissements qu'on voit comme aux États-Unis quand ils disaient à 30 ans 40 ans ou en France pareil il y avait tout ça qui se passait je dis pas qui ça se passe pas ou ça c'est pas passé en Afrique mais nous on a la chance d'être à la toujours un peu à l'orée de quelque chose qui va arriver donc attraper comme une vague donc c'est peut-être le moment de participer en tout cas à poser des bases je crois que c'était la raison pour laquelle tu as créé Awa Africa si tu peux nous parler de cette association alors Awa c'est le personnage d'avoir un clin d'oeil à Évelyne lique d'ailleurs très engagé qui avait fait le film résolution avec Bruno Henri qui était aussi dans le film résolution et c'est c'est une association en fait qui participe tout simplement à faire des programmes d'initiation et de formation pour les femmes et pour qu'elles intègrent l'industrie du film en sachant que le l'objectif c'est vraiment d'être porteur d'opportunités en fait sur le secteur d'avoir du développement au niveau du développement économique ce genre dans cette dans ce truc d'égalité d'ailleurs à loi production qui est la jumelle en terme de prod que de l'initiative produit des films qui sont écrits et ou est réalisés par les femmes mais qui ne sont pas forcément des histoires que de femmes c'est plutôt l'opportunité économique et d'emploi que je vise alors pas maintenant parler de Awa African woman action et tu parlais des projets après avoir expliqué ce que c'était donc oui on a comme ça des programmes dans le premier programme c'était en 2021 2022 aussi c'est les résidences d'écriture donc ça a été beaucoup et initiés vers les films de genre donc ça a été des groupes de jeunes femmes qui ont fait des formations autour de l'écriture du scénario mais aussi de la découverte c'est beaucoup de l'initiation finalement c'est en étant sur le terrain on se rend compte qu'il y a peu de personnes de l'école qui se qui sont initiés en fait au cinéma les salles sont en train de revenir il y a je crois 6% d'augmentation de de salle sur ces deux dernières années et du coup c'est l'accompagnement en fait on va dire de l'association c'est vraiment de donner plus de vocation on va dire on essaie d'attraper des jeunes femmes qui pourraient avoir une carrière prometteuse là on a cinq cinq millions d'emplois comme je le disais tout à l'heure mais ça pourrait être 20 millions bientôt donc on a vraiment des opportunités réelles de développement sur des sur un secteur et donc avoir l'association fait aussi des ciné club pour amener des jeunes femmes de quartiers défauts au cinéma leur faire découvrir tout type de films c'est pas seulement heureusement un type de film est vraiment qui est plus découvrir tout type de films et voilà il y Awa production développe avec elle aussi et sans elle aussi c'est à dire avec des gens de la diaspora et des femmes en Afrique des scénarios qui sont vraiment de tout type de tout genre et qui sont pas seulement portés sur les femmes et surtout les histoires qui peut se passer sur toutes les histoires africaines n'ont pas donc c'est vraiment une c'est vraiment important c'était vraiment important pour moi ton productrice de de ramener en fait les femmes autour de la table mais d'avoir toujours cette table autour du développement de l'Afrique en général et de nos histoires sans en faire un secteur à part toujours sur le sur le pan de tout ce qui est voilà un peu militant dans votre travail je voudrais qu'on revienne peut-être sur l'aspect on vient de dans le salon et l'aspect environnemental qui qui est aussi très présent dans le film la plupart des petits passages mais quand on ressent effectivement profondément en regardant le film c'est vrai que les spectateurs ils sont souvent quand j'ai eu la chance d'avoir d'être là d'assister aux audiences il y a beaucoup de personnes qui nous parlent de l'effet carte postale du film en disant voilà et un vrai côté carte postale où on voit les paysages comme ça etc mais c'est vrai qu'il y a un envers du décor connu mais partout sur la planète mais que on voit aussi dans le dans le salon c'est vraiment la pollution tout ce qui est sur la pêche excessive etc qui prive des emplois les personnes donc il y a comme ça dédicaces que ça soit je veux pas spoiler le film mais ça parle un peu ici et là en fait de ces choses là et je pense que oui ça fait partie des des axes vraiment militants du film c'est la sauvegarde du de l'écosystème parce que c'est un écosystème tellement énorme vaste c'est un écosystème incroyable franchement quand on le voit à chaque fois bon quand j'allais là-bas c'est ce qui a motivé aussi beaucoup le la région mais à chaque fois j'y allais je suis toujours juste que maintenant quand j'y vais je suis touchée par la magie de l'endroit et encore on a vraiment envie de préserver de préserver ça et si le cinéma peut contribuer aussi à passer ce genre de message donc j'aimerais qu'on revienne quand même sur le côté de la définition de ce que c'est qu'un film africain parce que quand on regarde aussi la réception de ce film on voit bien que il y a une certaine dynamique qui qui sort comme complètement des carcans qu'on connaît du film africain qui doit donc comme je disais Marie a parlé du cinéma khalbase ou alors de ce cinéma disons même anthropologie que tu parlais aussi de la sexualisation même dans certains dans certains films etc et aussi ce regard misérabiliste qu'on veut voir de l'Afrique absolument même si c'est Afrique jeûne dynamique foisonnante voilà et là on veut toujours faire coller au cinéma africain un certain stéréotypes donc du coup quel est pour toi justement la définition du cinéma ou alors d'un film africain pour moi un film africain c'est vraiment un film comme tous les autres c'est ce qu'on disait en gros c'est c'est de nos discussions mais c'est de dire à la base ça reste des créateurs passionnés de cinéma qui ont envie de raconter une histoire dans un genre qui leur appartient ou qui est emprunté ou qui enfin voilà on peut créer peut-être un nouveau genre mais ce qui est sûr c'est que il y a cette espèce oui de cloisonnement qui à mon sens pour moi c'est le de production dessus mais bien aussi beaucoup du financement c'est-à-dire partir du moment où il y a un financement qui est beaucoup de l'extérieur du coup on se retrouve aussi avec des histoires qui parlent beaucoup de l'extérieur sur l'intérieur donc c'est pas c'est pas que que je suis d'accord mais c'est plutôt que j'essaie de trouver d'autres voies parce que je me dis c'est un peu c'est quelque chose que je vois comme insoluble à partir du moment où on n'a pas nous une économie fort à partir du moment où nous on n'a pas des guichets pour avoir cette liberté de création qu'on a eu sur sur Saloum et tout il a pas eu avoir une liberté financière parce que si derrière on est financé par quelqu'un ou par un organisme qui a une certaine politique et qui assaline forcément ça peut pas fonctionner donc le fait d'avoir plus de guichets moi je pense que ça va vraiment permettre aux créateurs africains de beaucoup nous sur parce que ce que je vois dans la musique sur la scène musicale encore plus que sur la vraiment sur la scène musicale c'est complètement incroyable on voit des clips qui sont complètement fous partout dans des régions des fois super reculées super bien filmé avec des directs des directions artistiques de fou pour moi quand je regarde là où on en est c'est ça parce qu'il y a le commercial entre guillemets le business qui a rencontré la créativité et je trouve que c'est plus fidèle finalement peut-être qu'on a comme terrain fertile créatif de la jeunesse africaine que finalement le cinéma parce que le cinéma ça coûte trop cher parce que les guichets tout ce qui est de financement à distribution sont encore pour beaucoup de pays en construction encore dans beaucoup de challenges et ça va ça ne va faire que changer et je pense qu'on va avoir beaucoup de surprises et qu'on a pas qu'on n'a pas autant besoin de se battre que ça on a besoin de garder la position d'avancer et je pense que la bataille elle est déjà un peu perdue d'avance si c'est de dire regardez-moi sous un autre angle cette angle là il faut l'amener est-ce que sinon on passe on passe c'est un peu le tourner en rond en fait dans le même cercle je pense que c'est il faut passer à l'action il faut passer à l'action faut ramener d'autres d'autres histoires d'autres narratifs d'autres genre d'autres esthétiques comme tu disais etc et c'est déjà là c'est à dire que toutes ces personnes sont déjà là il y a pas d'exception j'ai pas du tout l'impression d'être qu'on soit même si on l'a fait de cette façon là mais même quand on était au festival au type il y avait des gens qui venaient d'Inde de plein de pays y compris même aux États-Unis qui avait filmé dans le jardin de quelqu'un etc et tout on est complètement à notre place dans le cinéma indépendant on a même nous des fois un espèce de regard de film indépendant tout ça qui galère sur le financement ce qui est pas faux mais par rapport mondialement le film indépendant est un film difficile à financer c'est vrai avec beaucoup de gens qui usent beaucoup de moyens disruptifs pour créer des films et pour être en festival c'est là ce que tu disais tout à l'heure sur l'importance des réseaux de festival je suis complètement d'accord je pense que nous on a quand même cette opportunité des fois d'avoir des festivals on va dire africains d'avoir des portes ouvertes sur les festivals étrangers parce que on n'est pas beaucoup parce qu'il y a des fois des oeuvres que les gens n'ont pas l'habitude de voir qui suscitent un peu plus de curiosité donc on a un peu de d'ouverture sur un champ sur ça qu'on n'a pas encore forcément sur la distribution même si elle arrive avec les pâtés baisser Afrique etc qui nous ont distribué même sur sur le continent mais il y a comme ça tout ce qui est en train d'arriver et il y a aussi ce qui est déjà là et Internet et ceci et cela donc moi je suis plutôt je pense que le on devrait vraiment mettre notre énergie à montrer ces choses là plutôt qu'à essayer de les défendre sur des choses qui sont anciennes et qui de toute façon on ne gagnera pas ce combat je pense que c'est déjà notre énergie dans quelque chose qui va pas qui va pas nous apporter dans ce jeu ok tout à l'heure tu as parlé de la distribution et je vous donne révéler sur la distribution de Salou tu as choisi en tant que productrice de sortie d'avoir le film en Afrique avant de le sortir en Europe c'était pour du business ou bien c'était juste pour vouloir ramer à contre-courant je pense que le film il a ramené tout seul à contemporain franchement j'avais j'avais déjà sur toute la ligne j'avais pas un un plan de distribution dans la tête j'ai aussi essayé de d'apprendre j'apprenais de toute façon en même temps que j'étais en train de faire donc il y a eu toute cette toute cette résoudre ce réseau de festival il y a eu presque 45 50 festivals internationaux dans des gros festivals il y a eu le type mais il y a aussi le site geste le bilan de fesses le fantastique Fest les tranches festival de Gérardmer le Red sifflet festival aussi la première fois en Arabie Saoudite donc il a eu quand même tout ce trajet là qui a fait qu'il a voyagé et que les premiers les plus réactifs dessus ça d'abord été les États-Unis avec IFC shoder pour Canada et les US ça s'est fait vite mais après il y a eu toujours cette discussion en parallèle avec Pat TBC pour la mais c'est vrai que bon c'est comme le film est aussi un ovni la question de la distribution elle était voilà plein de niveaux on va pas dire que c'était comme s'il y avait un choix et que j'avais appuyé sur des boutons avec une intelligence extraordinaire je pense que ça s'est bien goupillé il y a eu aussi un peu de voilà le talent du film son histoire la presse les festivals avec beaucoup de choses qui se sont qui se sont bien mis et après oui il a fallu faire des choix ça c'est clair qu'il y a eu des choix assez pour moi il y avait des choses qui étaient très importantes que la première se fasse à Dakar et j'ai jamais eu de problème de toute façon à le défendre ça a toujours été clair pour tout le monde donc la première qu'elle se fasse à Dakar qu'il y a eu une sortie cinéma aussi en Afrique on a eu beaucoup de chance parce qu'il y a pas autant de film que ça qui ont pas eu ce cet accompagnement de distribution au départ de l'avoir à la fin c'est assez compliqué c'est là que je me suis rendu compte aussi que les les films comment ils étaient montés surtout dans l'espace francophone en général le distributeur il est là au début on arrive rarement avec un produit fini sans avoir tout des documents etc qui vont avec il y avait aussi des documents qu'il fallait presque construire parce qu'il y avait cette vente directe vers les États-Unis etc donc il y avait vraiment plein plein de défis à plein de moments qui font qu'il y avait pas une espèce de vision macro mais il y avait des volontés fortes il y avait la volonté de d'inviter même aussi les gens du salon qui sont venus pour la première qui soit là il y avait la volonté de faire du Making quoi sur place de dire merci il y avait beaucoup de finalement de volonté presque humaine et qui après une fois qu'on prend du recul on voit le on voit le la direction presque militante des choses mais franchement humainement parlant par exemple quand c'est après le tournage et qu'il y a Noël et que les enfants et qui ont fait ça en fait c'est juste humain sur le coup c'est pas c'est pas une stratégie c'est pas planifié mais finalement on se rend compte que ça va avec un peu tout le reste parce que c'est un plan en fait c'est pas planifié mais ça reste un plan parce que il y a quand même une vision et que cette vision là elle doit être cohérente jusqu'au bout donc c'est pas c'est pas un plan on va dire [Musique] quadrillée mais mine de rien il y a toujours cette espèce de boussole sur le fait que ça soit un film africain le fait qu'il soit fait de cette façon qu'il faut le respecter de cette façon qui fait qu'il va s'aligner sur son plan de distribution avec comment il a été fait au départ mais après quand même après cette spontanéité il y a quand même des expériences ce que tu as fait naturellement c'est ton premier c'est ta première production de films cinématographique tu as certainement un plan et d'autres d'autres qui viennent derrière ben oui mais un plan un plan qui se montre comme ça aussi au fur et à mesure parce que ça reste un marché en développement donc comme tout ce qu'on fait sur le compte la production aussi c'est tout je pense et puis je pense on est en train de faire ce qu'on se disait avec une amie qui est productrice aussi mais plutôt du côté du développement il y a pas longtemps on se disait en fait nous on a tout le temps l'obligation en fait de d'avoir un écosystème c'est à dire là où peut-être il y a des marchés qui sont matures il y a tous l'écosystème qui est autour donc si tu veux produire tu fais que produire si tu fais que ça que ça alors que nous on est un peu obligé de travailler tout ce main dans la main on a beaucoup travaillé avec les distributeurs mains dans la main sur les supports etc etc on a moins d'argent sur des choses et puis sur quelque chose ça va et puis voilà on est obligé de d'avoir une vision vraiment très de se débrouiller et de travailler avec beaucoup de d'intelligence on va dire on est obligé de beaucoup réfléchir peut-être là où des fois il y avait des chemins qui étaient déjà tracés sur d'autres endroits suivants et nous on a beaucoup se poser la question sur la sur ce qu'on est en train de faire où on va est-ce que c'est cohérent avec qui et puis et puis continuer à avancer mais oui bien sûr c'est la stratégie de toute façon c'est de développer toujours 10 et d'aller sur les projets d'apprendre au fur et à mesure et d'éliminer des pistes et d'en valoriser certaines c'est une espèce de stratégie de défilage donc c'est pas y aller que à l'instant c'est de l'instinct entrepreneurial et c'est aussi quand même de faire beaucoup de beaucoup de studycas au fur et à mesure on étudie même ce film là ça reste aussi un study case il y a on parlait de la distribution du film et tu avais déjà évoqué certaines personnes qu'il avait déjà pris et j'étais sur le point de donner d'autres preneurs le film on a eu on a une bonne distribution donc elle driver c'est l'agent de vente internationale donc il y a Paris et on a eu donc la distribution américaine cifc shaders depuis septembre donc c'est sur la plateforme voilà ça a été ça a été bien accueilli ça a été l'un des meilleurs films d'Halloween sur la plateforme etc il faudrait regarder on n'a pas encore les chiffres de ça mais en tout cas ça a été bien accueilli je crois que c'est leur c'est un de leurs seuls films africain aussi donc c'est assez c'est assez intéressant c'est une vraie plateforme de genre donc voilà il y a donc ensuite la sur l'Afrique comme je disais il y a pas TBC Afrique et une société de distribution qui l'a mis en salle sur 17 pays donc pas que dans les sales pâtés dans [Musique] [Musique] on a beaucoup de jeunes moi j'ai beaucoup de jeunes qui m'envoient des messages je pense que j'ai envie que c'est pareil qui lui disent on a envie de faire des films où j'ai un scénario j'ai ceci cela dans ce qui montre bien le l'engouement et la passion qui a derrière tout ça et toute l'énergie qui est encore allé puiser développer ou donner et donc ça c'est super donc voilà cet accueil là on a eu aussi quelques personnes qui disaient c'est pas un film traditionnel africain donc qui était un peu perturbé par l'angle par le côté très genre par le fait qu'il y ait pas de gros point de vue justement sur sur quelque chose je sais pas de très politique etc comme tu disais il y a des enfants soldats dans le film il y a aussi des monstres il y a aussi l'environnement et aussi voilà donc on sait je pense qu'on a parlé de beaucoup de choses mais sans forcément rentrer dans certains débats parce qu'on voulait pas justement que le film devienne un débat qui soulève des questions je trouve ça super mais après de pas avoir une communication sur le film qui soit dans son dédie ça avec j'ai envie de le départ c'était que ça soit un film qui parle de lui-même donc le film il a plein d'histoires derrière je pense que sincèrement je pourrais rester 8 heures ici à côté il peut aussi parler de lui-même on n'a pas forcément besoin de l'introduire pendant une demi-heure pour que quelqu'un le découvre que c'était ça qui était aussi intéressant de pas se justifier avant de faire un film en fait bah tu peux nous parler un peu de tes projets après après Saloum qu'est-ce qu'on va attendre il y a un projet en post-production donc qui est avec le même réalisateur j'ai envie de card Bulot qui a été filmé à Dakar cette fois dans les rues de Dakar qui s'appelle zéro produit par yous Miller américain qui a été aussi le producteur exécutif producteur comme on dit qu'il y a investi dans le film dans la post-prof de salon donc tes partenaires en gros les partenaires aussi aussi fous qui savent prendre des risques parce que c'est quand même tout ça c'est une histoire de se lancer c'est ce qu'on faisait tout à l'heure donc on s'est retrouvés au milieu de cette pandémie donc du coup à filmer en plusieurs fois avec toutes les preuves que toutes les preuves donc franchement je me pleure même pas parce que je pense qu'on a quand même été beaucoup épargné mais oui on a tourné ce film là qui va sortir je pense cette année là qui en post preuve donc ça y est c'est sur les derniers les derniers maîtres du deuxième et puis après tous ces films qui sont en écriture via ou à production donc par pour faire monter un peu des d'autres histoires des talents exactement c'est exactement là où je pense que moi mon rôle il est assez clair chercher des nouvelles voix financièrement parlant business non parlant et découvrir et la découverte des talons locaux et de la diaspora bien sûr ben non on va continuer à suivre ça et bon courage on espère que le film sortira dans cette année pour qu'on puisse se retrouver je reviendrai à dire du festival comment tu le trouves déjà j'ai trouvé ça très intéressant surtout j'ai quelques festivals pas forcément tous parce que je suis basée à Dakar mais j'ai trouvé que les questions étaient très pertinentes je me suis dit on sent qu'on est dans une ville universitaire ça nous challenge on arrive on parle pas qu'en surface des films et j'ai vraiment aimé je trouve que les gens dans tout l'ensemble en fait de leur commentaire mon je parle du coup de ce que ça m'a apporté à moi mais mon beaucoup appris de sur la réception du film sur où on en est ça donne aussi un autre point de vue que juste une espèce cette espèce de rapport des fois Sénégal France on fait que les deux faites d'avenir en Allemagne de voir encore autre chose et en étant en Europe c'est très intéressant en tout cas c'est un super festival bravo à tous ceux qui l'a organisent merci encore à défaiteurs qui m'a vraiment et ouais je suis très content je suis très contente encore de continuer à découvrir les autres films [Musique] qui arrivent et tout donc voilà merci encore merci Marie merci beaucoup et bonne journée merci au revoir
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