Dr. Pingdewindé Tiendrebeogo and Prof. Dr. Ute Fendle
Abstract
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- Dr. Pingdewindé Issiaka Tiendrébéogo is a lecturer and researcher in theatre studies at the Joseph KI-ZERBO University in Ouagadougou, Burkina Faso. In May 2024 he was guest of the Africa Multiple Cluster of Excellence for an event with Umar Timol from Mauritius. In this interview, he talks with Prof. Dr. Ute Fendler about theatre in Burkina Faso and his own work.
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[Segment 1/2 | 00:00:00–00:20:00]
[00:00:00] Speaker 1: [music] Cluster Conversations, a podcast by Africa Multiple.
[00:00:18] Speaker 2: Bonjour et bienvenue aux conversations au sein du cluster. Notre invité aujourd'hui, c'est Monsieur Tiendrebeogo, qui nous vient de Ouagadougou, au Burkina Faso. Bienvenue, merci d'être avec nous.
[00:00:34] Speaker 3: Merci.
[00:00:34] Speaker 2: Il est venu dans le cadre des résidences de l'Institut des études africaines, mais bon, il y a des convergences et des synergies, bien sûr, avec le Cluster Africa Multiple. Donc, bienvenue encore une fois. Et pour commencer, je voudrais bien vous demander de vous présenter vous-même.
[00:00:52] Speaker 3: OK, merci, Professeur Ute, pour l'invitation. Merci au cluster et puis merci à l'IAS qui a bien voulu m'inviter, voilà, pour ce travail. Donc, je réponds au nom de Docteur Pingdewinde Issiaka Tiendrebeogo. Je suis enseignant-chercheur à l'Université Joseph Ki-Zerbo du Burkina Faso. J'ai fait une thèse en études théâtrales à l'Université de Paris 3, en cotutelle avec l'Université de Ouagadougou. Donc, j'enseigne les études théâtrales à l'Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, du Burkina Faso.
[00:01:32] Speaker 2: Et quand vous dites vous enseignez les études théâtrales, est-ce qu'il y a, vous pouvez en parler un peu plus de ça ? Est-ce qu'il y a beaucoup d'étudiants qui s'intéressent à ça ? Et puis, pour, bon, dans quelle vocation ou quel objectif ? Et comment est-ce que ça se passe pour qu'on puisse imaginer ça un peu plus concrètement ?
[00:01:50] Speaker 3: OK, merci beaucoup. Il faut dire que l'option art du spectacle, nos étudiants, après la licence, ils font ce qu'on appelle les options pour pouvoir valider leur licence. Généralement, nous avons autour de cinq options, c'est-à-dire la grammaire, la critique littéraire, la sémiotique, les arts du spectacle, et puis la littérature orale, et puis il y a une option qu'on appelle aussi élan esthétique littéraire négro-africaine. Donc, on initie déjà les étudiants aux études théâtrales, c'est-à-dire que on fait de la théorie, beaucoup plus de théorie que de pratique, mais après, les étudiants généralement viennent approfondir leur savoir au niveau des centres. Et nous avons un master qu'on appelle AMCA, où je suis le secrétaire général. C'est AMCA signifie art de la scène et métiers de la création artistique, AMCA. Donc, nous avons trois parcours au niveau de ce master. Le premier parcours, c'est art de la scène, voilà, les études théâtrales. Le deuxième parcours, c'est management culturel, comment manager. Et le troisième parcours, c'est cinéma et audiovisuel, où on apprend aux étudiants pas à être des cinéastes, mais à être des critiques de cinéma. Ce parcours était jadis dirigé par Justin Ouoro, qui est actuellement, voilà, ambassadeur ici en Allemagne.
[00:03:24] Speaker 2: Et est-ce que, donc, est-ce qu'il y a beaucoup d'étudiants qui s'intéressent aux études théâtrales ?
[00:03:29] Speaker 3: Oui, on peut dire qu'il y a beaucoup d'étudiants parce que, en licence, dans les options, souvent, on a peut-être 100 étudiants.
[00:03:36] Speaker 2: Ah, c'est beaucoup.
[00:03:37] Speaker 3: Oui, oui, c'est beaucoup. Donc, les gens s'intéressent à cela et puis, il y a beaucoup de débouchés, je me dis. Ça peut être une des raisons qui fait que les étudiants s'intéressent beaucoup aux études théâtrales. Et le Burkina Faso aussi, vous n'êtes pas sans savoir que c'est un pays du théâtre avec des festivals comme les Récréâtrales et d'autres grands rendez-vous.
[00:03:57] Speaker 2: Oui, comme vous venez de mentionner les festivals, et je crois, vous organisez aussi vous-même, au moins un festival, ou bien vous êtes aussi, vous faites partie de plusieurs équipes. Est-ce que vous pouvez nous parler un peu plus de ce travail ?
[00:04:12] Speaker 3: OK, il faut dire que nous, je suis le directeur de l'Association Culturelle Sylvie Chalaye. Au sein de cette association, nous faisons beaucoup, nous, un triptyque, c'est-à-dire formation, création et puis diffusion. Donc, c'est nous qui, on a lancé depuis 2 ans, le Prix Prosper Kompaoré pour le théâtre en Afrique, pour honorer ce grand homme de théâtre. C'est un baobab du théâtre. Donc, nous, au sein de l'association, on a décidé de faire, contre toute attente, ce que les gens ne font pas. C'est pour dire quoi ? C'est pour dire qu'on rend hommage à des gens qui sont toujours vivants. Parce qu'on a vu que nos autorités, et puis un peu partout, quand on vous donne une médaille, ou bien on reconnaît votre travail, c'est après votre mort. Donc, au lieu de faire des hommages posthumes aux gens, nous faisons des hommages en vie. D'abord, le nom, quand on a donné le nom de Sylvie, c'était avec son accord, bien sûr, quand elle est venue à Ouaga en 2017-2018 pour ma soutenance. C'était pour la récompenser du travail qu'elle fait dans le placement des Africains au niveau des scènes de théâtre à Paris, quand je dis les Africains, c'est pas les Burkinabè seulement. Donc, c'est un travail que nous avons reconnu. Donc, le prix aussi, nous l'avons reconnu, nous avons demandé à Prosper qui a accepté. Donc, nous avons eu plus de 55 textes venant de 11 pays, avec un jury international, et à la fin, nous avons retenu cinq textes. Mais le jury a eu un coup de cœur pour un Béninois, un texte d'un Béninois qui s'appelle Conglomérat, donc on a eu six textes. Et actuellement, l'association a mis en scène la première représentation qui est Calypso. Voilà, Calypso de Tony Ouédraogo, c'est une pièce, mais qui parle de l'humain et des humanités. Donc, actuellement, nous avons déjà fait au moins cinq ou six représentations, et avec l'Institut français, nous devons faire quatre représentations à Grace Théâtre à Ouaga. Donc, c'est pour dire que nous faisons un gros travail au sein de ce de cette association. Et actuellement, avec le CITEF, nous sommes en train de préparer une tournée avec des compagnies européennes en Italie, en Belgique, au Burkina et puis au Bénin, avec la pièce qui a été coup de cœur, Conglomérat. Donc, je sais que c'est un projet quand même qui va tourner à plus de 30 000 € avec des Européens et puis des Africains, et nous sommes là-dessus. Donc, c'est dans ce, toujours dans cet élan-là, que nous sommes en train de lancer, peut-être pour février ou mars, le Festival International du Théâtre Populaire de Ouagadougou. Nous avons beaucoup pensé sur ce concept. Je sais que vous allez dire pourquoi populaire, parce que là où nous sommes installés...
[00:06:51] Speaker 2: Exactement, je l'aurais demandé. [laughter]
[00:06:54] Speaker 3: Voilà, c'est, en fait, nous avons décidé de tisser des liens, voilà. Pour nous, c'est important. Donc, quand vous serez à Ouaga, vous serez à notre siège, vous allez voir que c'est un quartier populaire. C'est pas un quartier chic comme Ouaga 2000, un quartier populaire où il y a de tout. Donc, quand nous faisons du théâtre, on invite les vieux, les jeunes, les enfants, tout le monde vient jouer au théâtre parce qu'ils n'avaient jamais vu cela. Donc, pour nous, c'est important de faire un théâtre que nous allons vraiment apporter au public. Et pendant ce temps, nous allons aussi montrer des films. Chaque soir, nous avons des films que nous allons montrer parce que nous avons dit que le cinéma, si vous voulez, c'est une passerelle pour le théâtre de se diffuser. Donc, c'est dans ce cadre aussi ma présence ici, je sais, après nous allons échanger sur comment, voilà, travailler ensemble avec l'Université de Bayreuth, avec Africa Cluster, parce que déjà avec l'ambassade de l'Allemagne au Burkina Faso, nous avons de très bons rapports. Et même la condition qu'ils nous demandaient, c'était de trouver aussi, pour qu'on puisse avoir des artistes, des étudiants ou des enseignants allemands qui seront au Burkina pour des séjours, et nous aussi ici, pour qu'on puisse quand même tisser des liens. Donc, voilà un peu dans ce cadre nous sommes en train de travailler, et je pense que nous sommes sur de très bons rails et les choses vraiment roulent pour le moment comme on veut.
[00:08:16] Speaker 2: Mais dans, parce que bon, à part ce festival qui va naître, en quelque sorte, là, je sais, il y a quand même plusieurs festivals de théâtre qui, bon, qui existent depuis pas mal de temps déjà. Donc, ça veut dire, on a l'impression que, à part le cinéma et le FESPACO au Burkina Faso, c'est surtout le théâtre qui, disons, qui est vraiment le genre le plus aimé, supporté, avec lequel aussi les gens connectent le plus. Donc, est-ce que vous pouvez peut-être mettre aussi votre festival et vos activités, et aussi l'enseignement, dans le contexte un peu plus large ?
[00:09:02] Speaker 3: OK, merci beaucoup, merci pour cette question. C'est vrai, moi, au départ, j'étais beaucoup, c'est vrai, dans le théâtre, mais beaucoup plus dans l'enseignement, voilà, parce que j'enseigne quand même depuis, à l'université, ça peut être, bon, avant qu'on me recrute, si je vais tout compter, ça vaut quand même 9 ou 10 années. Mais j'ai compris qu'on ne peut pas enseigner le théâtre sans pratiquer le théâtre, ce n'est pas possible. C'est comme si vous voulez enseigner le cinéma et vous-même vous n'allez pas au cinéma. Est-ce que vous voyez ? Donc, c'est ça qui fait que l'association que nous avons créée, pour moi, c'est un laboratoire dans lequel moi j'expérimente les théories. Et pendant longtemps, excusez-moi, on a utilisé beaucoup de théories occidentales, les théories de la réception de l'école de Constance ici en Allemagne, voilà, les théories, la sémiologie à Paris. Donc, même ma présence ici, c'est vraiment travailler sur, je travaille sur mon atelier et puis actuellement, je suis sur un ouvrage que pour le moment j'intitule Éléments de sémiologie théâtrale, parce qu'il faut que nous, nous conceptualisions des théories pour que nos étudiants puissent utiliser. Parce que notre, nos enseignants, la promotion de nos enseignants, paix à son âme, Jean-Pierre Guingané, Privât Tapsoba, Prosper, ils ont enseigné, mais ils n'ont pas pu théoriser quelque chose. Donc, nous, notre génération, notre combat, c'est cela, pouvoir théoriser quelque chose pour que, au-delà de citer les autres auteurs occidentaux, qu'on parle aussi de nos théories. Voilà. Donc, pour nous, l'atelier là, c'est comme c'est un atelier dans lequel on expérimente. Et beaucoup de cours sont faits en pratique au niveau de d'Agnoen à Ouagadougou, juste à côté de l'aéroport. Donc, nous, ça nous permet de sortir entre quatre murs, parce que l'enseignement du théâtre ne peut pas être chaque fois théorique. Donc, du coup, cela nous permet. C'est vrai que ce que nous voulons faire, ça peut ressembler, même s'il y aura une différence, par exemple, le cinéma que nous introduisons, je sais qu'aux Récréâtrales, par exemple, ils n'utilisent pas cela. Donc, on peut avoir quand même quelques différences. Sinon, aujourd'hui, tout le monde est unanime que les Récréâtrales, c'est l'un des grands festivals de théâtre en Afrique. Voilà. Avant, on a eu les festivals comme le FITMO, Festival International de Théâtre de Marionnettes de Guingané, qui, bon, l'un dans l'autre, essaie d'avancer. On avait aussi le FITD de Prosper Kompaoré, Festival International de Théâtre pour le Développement, mais qui est, qui a ralenti ces deux temps. J'ai eu à échanger avec lui, j'espère que d'ici là, il pourra réveiller ça. Donc, il faut dire que, comme Thomas Melone le disait, que en Afrique, toute la vie africaine est théâtrale. Quand vous regardez les salutations, quand vous regardez comment, et je ne dis pas la chaleur, c'est pas que nous, les Africains, mais bon, excusez-moi, on peut toujours, comme je, on doit faire de la science pour montrer, mais comme Senghor disait que la raison est hellène et l'émotion nègre. C'est pour dire que ce qu'on remarque chez les Occidentaux, tout est réglementé. En fait, c'est comme si on appelle, il y a pas une esthétique de la spontanéité. Non, tout est propre, tout est correct, tu ne dois pas toucher ici, on te met une niche, tu dois faire quelque chose, on te dit "il y a". Mais chez nous, tout est faisable. Est-ce que vous voyez ? Donc, il faut que nous puissions effectivement développer cette esthétique-là, parce que comme on dit, nos esthétiques, ce sont des esthétiques qui sont utilitaires. Je prends, par exemple, un exemple, si vous prenez une femme qui va prendre une jarre, c'est bien dessiné comme cela, elle porte sur sa tête, elle met des fruits là-bas. Donc, il y a de l'esthétique, mais c'est utilitaire. Par contre, si on prend l'esthétique cartésienne et tout ça, c'est une esthétique, c'est un tableau, on dit "c'est beau" et puis après c'est fini. Donc, nous, nous sommes en train de travailler sur beaucoup d'aspects, et je pense que dans mon livre, peut-être qui va sortir, je vais faire sortir beaucoup d'éléments. Donc, c'est pour dire que les Burkinabè, c'est vrai, ils aiment beaucoup le théâtre. C'est pas bon dans la recherche de parler de soi-même ou bien de parler du pays, mais aujourd'hui, en termes de formation, que ce soit dans la théorie ou dans la pratique, je pense que, même si vous demandez aux autres, ils vont dire que effectivement, il y a un travail qui est fait. Et ça, nous le rendons aux devanciers, comme les Lombolo Koné, qui ont eu des prix depuis 1957. Vous avez connu le prix concours RFI Théâtre et tout ça, c'est des gens qui ont fait un travail. Après, la vague des enseignants-chercheurs qui ont été formés en France sont venus, Guingané, Amadou Bourou, Prosper Kompaoré, ils ont fait un travail. Donc, aujourd'hui, il y a beaucoup de ressources dans notre pays, et c'est nous, en tant qu'enseignants-chercheurs, de pouvoir capitaliser ça. Mais comment capitaliser cela ? Nous avons les théories, maintenant, c'est il faut amener maintenant, il faut appliquer ça au théâtre. C'est comme une semence que vous prenez, tant que vous ne faites pas un trou pour semer et puis attendre la pluie pour voir comment ça donne, ça va être difficile. Donc, voilà comment nous, on fait cette passerelle de la recherche et puis de l'atelier.
[01:14:09] Speaker 2: Vous avez mentionné la théorie, ce que je trouve vraiment très très intéressant parce que, effectivement, là, il y a, il y a encore un grand manque, je crois.
[01:14:18] Speaker 3: Oui.
[01:14:18] Speaker 2: Donc, peut-être vous pouvez parler encore un peu plus de cette recherche ou de vos publications, les travaux qui sont en marche.
[01:14:28] Speaker 3: OK, merci pour la question. Il faut dire que, quand on parle de théorie, il faut conceptualiser les théories, parce que souvent, c'est comme vous avez mal à la tête, on prend un médicament de maux de ventre, on vous donne, c'est sûr que vous n'allez pas guérir. Donc, voilà, les théories, voilà, c'est un peu ça. Parce que nous voyons que les théories que nous avons utilisées, c'est de bonnes théories, mais nous aussi, nous pouvons faire un apport par rapport à cela. Donc, moi, j'ai quand même écrit quand même beaucoup d'articles, peut-être une trentaine maintenant. Ce que je remarque, les thèmes de travaux que je fais beaucoup, de plus en plus, je m'intéresse aussi au théâtre, la représentation du féminin au théâtre.
[01:15:13] Speaker 2: Oui.
[01:15:14] Speaker 3: Parce qu'il faut dire que nous sommes toujours dans des sociétés, ce sont nos valeurs, je le défends, mais aussi conservatrices, voilà, où effectivement, quand on prend l'histoire du théâtre, vous savez qu'au départ, les femmes n'avaient pas le droit de jouer pour ne pas montrer leur partie et tout ça. Ce sont les hommes qui se travestissaient pour jouer. Il faut attendre jusqu'à une grande période pour que les femmes puissent intégrer le théâtre. Et quand on lit les pièces, surtout de Jean-Pierre Guingané, généralement, la femme est utilisée comme un objet, un instrument sexuel, excusez-moi l'expression. C'est elle qu'on utilise pour faire des faux coups au niveau de la politique et tout cela. Donc, ces questions beaucoup m'intéressent. Et voilà, ce qu'on appelle les gender studies. Donc, j'ai travaillé beaucoup sur ça, la représentation du féminin, et j'ai travaillé aussi sur la monographie, voilà, du féminin au Burkina Faso, et j'ai interrogé beaucoup de femmes, voilà, sur leurs conditions et puis comment elles font leur art. Au-delà de ça, il y a des articles sur le théâtre d'intervention, surtout l'utilisation des langues. De plus en plus, vous voyez un peu vous-même parler de la conférence en swahili. Au Burkina Faso, il y a un festival qu'on appelle le FITLAM, qui travaille uniquement sur les langues, en gulmancema, en mooré, en dioula, en fulfuldé. Donc, de plus en plus, on apprend pendant ce festival aux gens à écrire dans leur langue, parce que comme on dit, aucun peuple ne peut se développer dans la langue d'autrui. Voilà. Aujourd'hui, on nous apprend à parler bien le français, l'anglais, l'allemand, et puis ainsi de suite, mais après, il faut que nous-mêmes nous pensions à nous-mêmes. Donc, je travaille beaucoup sur la contribution de ces langues, parce que même l'enfant, l'éducation de l'enfant, quand vous commencez avec sa langue, vous verrez que vous aurez plus de résultats. On a pris l'exemple des écoles bilingues, où les enfants ont été initiés en gulmancema, en mooré et tout ça, quand ils viennent à l'école classique, ils surplombent tous les autres enfants. Donc, ça, c'est un peu ce que je fais. Et j'ai publié une pièce de théâtre aussi en 2022 aux Éditions Mercure à Ouaga, dont le titre c'est Les barrières de l'intolérance. Toujours dans la société, nous avons actuellement au Burkina ce qu'on appelle l'extrémisme violent. L'extrémisme violent, souvent, c'est la radicalisation des personnes, hein. Et quand vous voyez, dans toutes les religions, on peut avoir cette radicalisation, que ce soit dans la religion musulmane et dans la religion chrétienne. Les radicaux, c'est pour dire que ce sont ceux qui sont vraiment à l'extrême droite, voilà, qui disent "ça c'est possible, ça ce n'est pas possible", et même les mariages intercommunautaires. C'est difficile qu'un chrétien se marie aujourd'hui à peut-être une musulmane sans qu'il y ait des médiations. Voilà, donc souvent, c'est pas bien accepté. Donc, c'est aussi une contribution que je fais par rapport à cette question. L'œuvre a été ventilée un peu partout, voilà, en Allemagne ici, voilà, aux États-Unis, au Canada, en France, mais en Afrique, pratiquement tous les pays, on a pu faire quand même quelque chose pour montrer aussi nos réalités. C'est comme je vous disais, la chance que j'ai eue d'échanger avec les étudiants sur la communication interculturelle, voilà, parce que ce qui est vrai chez nous n'est pas forcément vrai ici. Souvent, il y a des petites différences. Et comme Jean-Paul Sartre dit, voilà, "ma liberté s'arrête là où commence celle des autres". Il faut que nous puissions nous tolérer pour pouvoir vivre. Donc, sur toutes ces questions que j'essaie de travailler sur ma recherche. Et récemment, j'ai travaillé sur une pièce de Aristide Tarnagda, qui portait un peu sur la révolution. Quand on parle de Burkina Faso, rapidement, c'est l'expression révolution qui vient, parce que on parle de Thomas Sankara, et j'étais surpris de voir le portrait de Thomas Sankara à l'Ilieva, Lieva House.
[01:19:08] Speaker 2: [laughter]
[01:19:08] Speaker 3: Voilà, qui est bien grand, j'ai même pris une photo un peu partout. Donc, aujourd'hui, la révolution, que ce soit à la Che Guevara ou je sais pas quoi, le Burkina Faso, quand tu descends dans un aéroport dans le monde, si on te dit Thomas Sankara, ensuite on te dit FESPACO, voilà, c'est généralement, ce sont les référents culturels qui viennent. Donc, je m'intéressé à ça et puis, voilà, et voir comment Sankara disait, hein, que si vous prenez le souffle de Sankara, et ce souffle-là va aller germer dans les cuisses des femmes, de 1 000 femmes, et tuez Sankara, 1 000 Sankara naîtront. Voilà, donc c'est un peu ça, toute sa, toute la philosophie. Voilà. Et dire que, "if you take my breath", et cette respiration-là va aller, et aujourd'hui, on a... [music]
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[00:00:00] Speaker 1: plein de sankaristes un peu partout. Je ne me définis pas forcément en tant que sankariste parce qu'on était enfant à cette période, mais quand même, il y a des idéologies et puis des philosophies qui sont universelles. Donc, voilà un peu sur le les questions sur lesquelles moi, je travaille beaucoup. Euh, je pense que je pourrais aussi apporter ma modeste contribution parce qu'il faut le dire, on a aussi des un manque d'enseignants, euh, en études théâtrales et puis dans d'autres domaines. Donc, c'est à nous aussi de pouvoir former. Même mes étudiants, j'en ai une quinzaine qui sont en master. Donc, peut-être d'ici juillet, la moitié pourra soutenir et puis ça va venir aider la recherche. Donc, voilà un peu ce que moi, je fais au niveau de la recherche.
[00:00:42] Speaker 2: Hmm, impressionnant. Merci.
[00:00:44] Speaker 1: Merci. Hmm.
[00:00:45] Speaker 2: Mais donc votre séjour ici à Bayreuth, ça vous sert aussi à pour aller, je m'imagine, aller à la bibliothèque, justement pour pouvoir travailler sur votre livre qui est en préparation.
[00:00:58] Speaker 1: Oui. Oui, il faut dire que j'ai été vraiment impressionné par la bibliothèque à l'Université de Bayreuth ici parce que moi, je pensais que tout serait en allemand. Donc, j'avais déjà une idée, m'arrêter. Mais quand j'étais à la bibliothèque, j'ai vu Africanische. J'ai vu tout là. Tout, c'est des œuvres africaines et c'est en c'est en français et puis c'est vraiment bien. C'est vrai, l'anglais, je me débrouille un peu, mais j'ai eu beaucoup d'œuvres. Et actuellement, je travaille même sur comment on appelle, euh, j'ai eu une thèse, voilà, et sur quelqu'un qui a travaillé sur les les le prix RFI, les prix concours. Donc, je suis en train de réfléchir pour voir parce que la naissance aussi du théâtre moderne après les indépendances, c'est ce prix RFI qui a révélé beaucoup d'auteurs, voilà. Donc, je veux voir comment ce prix vraiment a pu asseoir effectivement le théâtre africain francophone, voilà. Le théâtre africain francophone parce que souvent aussi, on parle du théâtre africain non francophone qui peut venir du Nigeria et puis tout cela, voilà. Mais c'est toujours euh le théâtre africain francophone qui fait beaucoup d'efforts pour comprendre un peu ce qui se passe de l'autre côté. Souvent, ce n'est pas la même chose. Donc, j'étais à la bibliothèque. J'ai eu aussi des ouvrages de Alain Mabanckou, voilà. Alain Mabanckou, qui est un très grand écrivain que moi, j'aime bien et que je respecte. Donc, je suis en train de lire. J'ai fini de lire, je suis en train de lire Lettre à Jimmy. C'est une de ses nouvelles parutions. Donc, je pense que avant de quitter ici, parce que mon travail, peut-être il est déjà à 60 %, il va peut-être atteindre les 80 %. Et je pense que peut-être d'ici 2025, voilà, on pourra l'éditer. Et notre combat aussi aujourd'hui pour l'édition, ce n'est pas forcément venir éditer dans les bibliothèques dans les librairies allemandes, françaises ou canadiennes. Aujourd'hui, nous avons des grands éditeurs. Quand je prends, par exemple, une édition Sankofa & Gurli de Monsieur Naba Jean-Claude, c'est une c'est une édition que les gens respectent parce que le monsieur, c'est un linguiste. Quand il prend votre texte, il prend tout son temps pour le corriger. Et quand le texte sort, vous savez que c'est un bon texte. Là où j'ai publié de Thierry Millogo, Mercure aussi, là-bas aussi, c'est bon. Donc, de plus en plus, c'est comme nous-mêmes, on nous faisons, si vous voulez, de notre et nous faisons quoi, notre autopromotion, voilà, parce que souvent chez nous, on dit que si les gens ne viennent pas dire que ce que vous faites est bien, il faut avoir le courage de dire que ce que vous-mêmes, vous faites est bien. Et de plus en plus, ces œuvres sont en train de circuler, voilà. Donc, j'espère, voilà, quand l'œuvre sera sortie, je ne sais pas où je vais la publier pour le moment, mais je vais je vais travailler déjà de manière nationale. Ce n'est pas qu'on va nationaliser tout, mais je vais essayer et puis après, on va voir où est-ce que et après maintenant, on pourra la diffuser. L'essentiel, c'est que les gens puissent aimer l'ouvrage. Et moi, ma première expérience ici à Berlin, quand je suis venu, au théâtre [Wissenschaft?] à Berlin, à l'université, Freie Universität, Université libre de Berlin, c'est que, excusez-moi, dans la recherche, on ne le dit pas, mais j'ai vu que ma thèse, les Allemands aiment ma thèse et surtout la méthodologie que j'ai utilisée. Donc, ils ont fait beaucoup de conférences quand je suis venu. J'ai présenté, on revenait tout le temps sur la méthodologie. Ce qui a plu vraiment aux Allemands, c'est la méthodologie. Donc, moi, je pense que si je vais, je me concentre un peu dans ça, voilà, j'ai encore peut-être 20 ans de carrière, tout ça, je peux pouvoir arriver à laisser quelque chose, voilà, parce que quand on prend l'ouvrage de qui fait la monographie du théâtre, et c'est un Wolfgang Zimmer, un Allemand était venu, il a fait le tour, il avait fait un document, j'ai voilà, on a vu tout ça. Mais aujourd'hui, pas qu'on dit aux pas qu'on dit pas aux autres de ne pas venir travailler, mais nous devons travailler plus aussi pour faire la promotion de de nos ouvrages, voilà, parce que c'est difficile de venir parler à un Allemand de, je ne sais pas, de Friedrich ou je ne sais pas de Goethe, voilà, plus qu'un Allemand, comme ce n'est pas la même chose d'aller parler de Molière plus qu'un petit Français. Mais quand on parle du Mogho Naba, on parle de Maître Pacéré Titinga, on parle de tout ce que nous avons, nous aussi, on a beaucoup de choses à dire. Donc, je pense que aujourd'hui, de plus en plus, on peut parler de ça d'une prise de conscience générale. Il y a une prise de conscience générale, que ce soit au niveau de la jeunesse et au niveau aussi de nos devanciers. Donc, aujourd'hui, c'est comme un fil d'Ariane que nous sommes en train de construire. Sans nous parler, on se communique et puis chacun sait ce qu'il doit faire. Donc, c'est ça aussi qui est intéressant, voilà.
[00:05:47] Speaker 2: Bon, peut-être une une dernière question. Oui, il y a pas de souci. Parce que dans, disons, dans vos élaborations maintenant sur le théâtre, les différentes formes de théâtre et les théories, méthodes, etc., vous avez utilisé plusieurs noms, pour ainsi dire. Donc, il y avait le théâtre populaire, le théâtre le théâtre d'intervention, le théâtre le théâtre de proximité, et puis il y a le théâtre pour le développement. Donc, il y a au moins il y avait au moins quatre.
[00:06:19] Speaker 1: Oui.
[00:06:20] Speaker 2: Donc, est-ce que et parfois, on a l'impression, disons, je je connais un peu les les différents metteurs en scène et leurs leurs pièces. Parfois, on a quand même l'impression, bon, il y a quatre mots, mais pour parler de la même pratique, éventuellement, ou s'il y avait vraiment des différences, est-ce qu'il y a vraiment des définitions, ou bien ça rentrerait aussi dans le livre que vous êtes en train d'écrire ?
[00:06:45] Speaker 1: OK, merci. Avant de répondre à la question, si si je l'oublie, vous me rappelez. Et je n'ai pas dit que je travaille aussi beaucoup sur le le lien entre le théâtre et puis le cinéma. Et Ouro et moi, on a publié un article que je pense vraiment très bien. Lui, beaucoup cinéma. Moi, j'ai fait ma thèse dans un de dans un média, c'était théâtre et cinéma. Donc, avant même de soutenir, ma directrice de thèse m'a dit de j'ai réalisé un film de 13 minutes. Au départ, je l'avais dit que ce n'était pas possible. Bon, elle m'a dit que, "Ta thèse est bien, tu peux soutenir, mais si tu n'envoies pas le film, ah." Donc, bon, j'ai dit, "Mais on va faire comment ?" [laughter] Moi, je n'ai jamais fait un film.
[00:07:25] Speaker 2: Il faut des défis.
[00:07:26] Speaker 1: Oui, c'est elle m'a mis un défi. Mais au départ, je l'ai dit que je suis contre, mais elle et moi, on discute comme ça. Elle m'a dit, "Non, écoute, Siyaka, si tu fais, ça va être bien, tout ça." Elle a toujours les arguments, d'ailleurs. Voilà, donc, je suis rentré au Burkina et j'ai réalisé le film, voilà. Et aujourd'hui, même le film, souvent, je vais dans les festivals. Seulement, je ne me définis pas comme, voilà, spécialiste, voilà. Je préfère quand même, pour ne pas trop m'éparpiller. Donc, je l'ai fait et le film m'a remporté certains prix quelque part, au Niger et puis un peu partout, parce que c'est voilà, c'est bien. Donc, moi, je parle beaucoup de la dette, la dette que le cinéma contracte au niveau du théâtre. Je dis à mes étudiants, "Le théâtre est né au 5e siècle avant Jésus-Christ. Le cinéma est né en 1880 dans les petits salons de Paris avec, je ne fais pas encore l'histoire, voilà, la la famille Lumière et tout ça." Donc, aujourd'hui, et c'est je prends souvent, c'est une métaphore. Je dis, "C'est comme chez nous," je dis chez nous, voilà, "quand le papa est assis, l'enfant est là, l'enfant l'enfant ne peut pas dire au papa de sortir de la maison, mais le papa peut dire à l'enfant de quitter." Je ne sais pas ici si c'est la même chose. Donc, je con- contextualise ça chez nous. Donc, un peu le cinéma et puis le théâtre, même quand je discute avec Ouro, c'est comme ça. Et au Burkina, tous les meilleurs comédiens de théâtre, ils se retrouvent au cinéma, voilà. Et quand vous prenez le cinéma, que ce soit le décor, tout ça, tout ça, tout ça, c'est venu vraiment chercher. Mais souvent, on a cette politique où on est en train vraiment de supplanter le cinéma sur le théâtre. Je dis, "Non, pas que je suis contre, mais je dis non, on n'a qu'à recadrer le tir et puis pouvoir avancer." C'est comme un couple, une femme et puis un homme. Si on accepte qu'on est complémentaire, le couple va marcher, voilà. Donc, c'est comme ça. Maintenant, pour revenir à votre question, il y a effectivement plusieurs types de théâtre. Si je prends le théâtre d'intervention sociale qu'on appelle théâtre pour le développement que j'ai beaucoup développé dans ma thèse, c'est un théâtre, ça va vous étonner, mais c'est un théâtre qui est né et avec euh dans les années 1900, peut-être 78, voilà, avec le concours, si vous voulez, des Américains avec la Fondation Ford et des Allemands avec la GTZ, voilà, qui étaient au départ, qui encourageaient effectivement ce type de théâtre, qui est un théâtre de sensibilisation. Si je prends, par exemple, la question de l'éducation des jeunes filles, chez nous, s'il y a un garçon et puis une fille, on préfère mettre le garçon à l'école, la fille, elle, elle va se marier. Est-ce que vous voyez ? Donc, ça a duré comme cela. Donc, c'était une société vraiment matriarcale et patriarcale et puis une société où effectivement, c'est la masculinité qui ont des mais avec les sensibilisations, aujourd'hui, je vous dis, quand vous prenez une classe au Burkina Faso, avec cette sensibilisation, plus de 50 % aujourd'hui, même à l'université, il y a plus de filles qui sont scolarisées que des hommes. Donc, ça veut dire que ce théâtre a eu un impact sur la société. Même l'utilisation des latrines, tout ça, les gens déféquaient dans la nature, tout cela, aujourd'hui là, tout est en train d'être réglé. Voilà pourquoi moi, je travaille beaucoup sur l'extrémisme violent. Je pense qu'on peut régler aussi des choses là-bas. Donc, ce théâtre est à but de sensibilisation. Maintenant, ce qu'il ne faut pas oublier, parce que souvent, il y a les partisans du théâtre d'auteur, le théâtre à la Shakespeare ou quelque chose comme ça, où ils vont dire que le théâtre pour le développement, c'est un théâtre minimaliste. Et là, ça aussi, j'ai écrit un article et même en France, on en a discuté. Non, ce n'est pas un théâtre minimaliste parce que les gens pensent que son rôle est de sensibiliser et ce théâtre n'a pas d'esthétique. On dit que non, en réalité, l'esthétique de ce théâtre réside, si vous voulez, dans la corporéité des acteurs parce que c'est un théâtre qui est un peu un théâtre comme ce que Grotowski a défini, c'est un théâtre pauvre. Par exemple, Madame Ute et moi, on est en train de jouer. Si c'est un couple, on n'a pas besoin forcément d'une table. Peut-être le fait de se regarder, le fait de se parler, le public doit savoir. Donc, ici, ce sont les gestes, c'est-à-dire, et le langage verbal, le langage non verbal, c'est tout ça qui communique, si vous voulez, l'esthétique de ce théâtre, voilà. Donc, ça, il faut clarifier. Maintenant, mais il y a toujours des détracteurs dans toute chose. Et Bertolt Brecht l'a beaucoup utilisé dans la distanciation, hein. C'est que les Allemands appellent, j'ai toujours du mal avec ce mot, le Verfremdungseffekt. C'est ça ?
[00:12:04] Speaker 2: Verfremdungseffekt.
[00:12:05] Speaker 1: Verfremdungseffekt, l'effet de distanciation, comme vous et moi, voilà. Qu'est-ce que on fait pour éveiller le spectateur ? Donc, il a beaucoup travaillé, euh, comment il s'appelle, Augusto Boal. Mais je veux vous dire que quand je parle de théorisation dans mes premiers propos, ça veut dire quoi ? Est-ce que vous savez que au Burkina, on pratiquait le théâtre d'intervention, le théâtre pour le développement, peut-être même avant d'autres pays ? Je vous dis que c'est un jour, ça, c'est Prosper Kompaoré qui me l'a raconté. Il était à Paris, il a vu une bibliothèque, il est rentré dedans, il cherchait les livres. En temps, il est tombé sur paf, Théâtre de l'opprimé. Il était un peu un peu chaud. Quand il a pris l'œuvre, il l'a achetée et quand il a lu, c'est tout ce que lui, il faisait au Burkina. Mais comme on dit, les Africains, ils n'aiment pas écrire. Ça aussi, c'est peut-être un de nos problèmes. Donc, il est oui, c'est c'est une boutade, mais c'est ça. Donc, il est mais il a eu ce grand esprit-là. Il est rentré en contact avec Augusto Boal, j'espère, je parle beaucoup, Augusto Boal, et ils ont essayé de travailler ensemble. Donc, Augusto Boal venait au Burkina Faso et Prosper allait à Rio de Janeiro, jusqu'au décès de Augusto. Donc, c'est des gens qui se sont compris et qui ont travaillé. Donc, c'est pour dire que c'était spontané. Maintenant, si je reviens au théâtre d'auteur, c'est un théâtre généralement, euh, on prend une pièce parce que le théâtre d'intervention n'utilise pas forcément une pièce. On dit, "Aujourd'hui, on va travailler, je ne sais pas, sur sur le terrorisme." Voilà, on dit, "Toi, tu joues ça, toi, tu joues ça," et puis on fait quelque chose. Si c'est bon, on essaie de garder ça. Mais, euh, le théâtre d'intervention et d'auteur utilise une pièce de théâtre, voilà. On peut prendre une pièce de Shakespeare, un exemple comme ça, Hamlet, ou bien Tartuffe, un exemple comme ça, on on montre quelque chose et on joue. Mais de plus en plus, les détracteurs pensent que c'est ça qui est le théâtre et que l'autre, ce n'est pas du théâtre. Donc, à l'intérieur, il y a des débats d'école. Comme dans toute théorie, il y a des débats d'école. Et c'est ça aussi qui fait que la recherche est bien parce qu'on ne peut jamais se être d'accord, mais on c'est ça aussi, comme on dit, c'est du choc aussi que naît, comment on appelle ça, la lumière. Donc, c'est pour vous dire que, voilà, le théâtre populaire, c'est encore un théâtre qui est pour la population, voilà. Il y a un monsieur, un Africain, c'est Maimel Fote, je ne sais pas si vous l'avez connu, voilà, qui disait que le théâtre populaire, c'est un théâtre qui est fait non seulement pour la population urbaine, mais la population rurale. C'est pour dire que vous allez vous installer dans un quartier, dans une école, vous jouez avec les populations. Donc, c'est un peu populaire et ça crée beaucoup plus d'émulation et c'est un théâtre vraiment pour voilà, fait pour la société. Voilà pourquoi on parle de théâtre populaire. Donc, voilà ce qu'on peut dire, théâtre d'intervention sociale, théâtre pour le développement, ce qu'on peut dire théâtre d'auteur, et puis ce qu'on peut dire théâtre populaire. Et aujourd'hui, nous pensons que avec l'effervescence des pays africains en termes de révolution, en termes de conquête de de soi, de personnalité de soi, nous pensons que le théâtre populaire est beaucoup plus adapté que le théâtre, comme l'autre avait dit, et je pense que c'est Antonin Artaud, "On n'a qu'à détruire toutes les scènes." Voilà, on va jouer sans scène, on va pas se mettre quelque chose, il y aura pas de barrière. Et ça, c'est Antonin Artaud qui le dit dans son Théâtre et son double. Donc, nous voulons nous pensons que actuellement, pour notre siècle, c'est le théâtre populaire qui sied pour nos populations. Donc, voilà pour pourquoi nous voulons mettre l'accent sur le théâtre populaire en convoquant maintenant le cinéma pour nous aider à diffuser, c'est-à-dire, ce qu'on joue le matin, le soir, c'est diffusé et tout le monde regarde, un peu comme les contes, voilà, au au village.
[00:15:49] Speaker 2: Hmm, d'accord. Donc, on voit déjà la grande voie que vous êtes en train d'ouvrir.
[00:15:53] Speaker 1: Oui.
[00:15:54] Speaker 2: Merci beaucoup, euh, pour euh pour cette conversation et pour les différentes perspectives sur le théâtre au Burkina Faso.
[00:16:03] Speaker 1: Merci.
[00:16:04] Speaker 2: Euh, merci aussi que, bon, nos étudiants auront aussi l'occasion de suivre un atelier de théâtre avec vous dans les deux semaines là à venir.
[00:16:12] Speaker 1: C'est vrai.
[00:16:13] Speaker 2: Donc, merci beaucoup d'être venu. Merci pour la conversation.
[00:16:16] Speaker 1: Hmm, merci.
[00:16:17] Speaker 2: Et à bientôt.
[00:16:18] Speaker 1: Merci encore à Africa Multiple, à IAS. C'est vrai, l'atelier que nous allons mener, ça va porter sur le théâtre de l'écoute, l'écoute. [English] The listen theater. [French] C'est-à-dire, dans la société, souvent, on s'écoute, on parle, mais on s'écoute pas. C'est ça qui envoie souvent les crises et puis les guerres. Donc, mais si on s'écoute, d'abord sur la scène, c'est quelque chose. Si dans la société, on s'écoute, c'est quelque chose. Donc, on va travailler sur ce workshop-là.
[00:16:43] Speaker 2: Hmm, donc on reste à l'écoute.
[00:16:45] Speaker 1: Merci beaucoup. [laughter] [German] Dankeschön. [French] Merci.
[00:16:49] Speaker 2: Merci.Value Annotations
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- Dr. Pingdewindé Tiendrebeogo and Prof. Dr. Ute Fendle
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- French
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- 36 minutes, 58 seconds
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- 22
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